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		<title>Cath&#233;drale Notre-Dame de Grenoble</title>
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		<title>Marthe et Marie</title>
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		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



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&lt;p&gt;16e dimanche C &#8211; (Lc 10,38-42) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
dans la premi&#232;re lecture que nous avons entendue, tir&#233;e du livre de la Gen&#232;se, Abraham offre l'hospitalit&#233; &#224; trois inconnus. La suite de l'histoire pr&#233;cisera que l'un de ces trois personnages n'est autre que Dieu lui-m&#234;me. C'est le moment le plus chaud du jour. Et malgr&#233; la chaleur, Abraham s'active en tous sens. Il se d&#233;m&#232;ne et se d&#233;p&#234;che de pr&#233;parer un repas pour ses trois visiteurs, en faisant appel &#224; Sarah et &#224; un serviteur. En somme, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;16e dimanche C &#8211; (Lc 10,38-42)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans la premi&#232;re lecture que nous avons entendue, tir&#233;e du livre de la Gen&#232;se, Abraham offre l'hospitalit&#233; &#224; trois inconnus. La suite de l'histoire pr&#233;cisera que l'un de ces trois personnages n'est autre que Dieu lui-m&#234;me. C'est le moment le plus chaud du jour. Et malgr&#233; la chaleur, Abraham s'active en tous sens. Il se d&#233;m&#232;ne et se d&#233;p&#234;che de pr&#233;parer un repas pour ses trois visiteurs, en faisant appel &#224; Sarah et &#224; un serviteur. En somme, il s'att&#232;le &#224; la t&#226;che, et il d&#233;pense de l'&#233;nergie pour que tout soit fin pr&#234;t dans les meilleurs d&#233;lais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, contrairement &#224; Marthe, dans l'&#233;vangile que nous avons aussi entendu, Abraham de re&#231;oit de Dieu aucun reproche, alors qu'on pourrait penser qu'il partage le m&#234;me souci que Marthe et la m&#234;me inqui&#233;tude que nous connaissons bien. Or, manifestement, ce n'est pas le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Abraham, le p&#232;re des croyants, nous donne en quelque sorte la cl&#233; de ce que J&#233;sus veut faire comprendre &#224; Marthe, Marthe la s&#339;ur de Marie et de Lazare, ses trois chers amis de J&#233;sus qui habitent &#224; B&#233;thanie, juste &#224; c&#244;t&#233; de J&#233;rusalem. &#171; Tu te donnes du souci, et tu t'agites pour bien des choses. Une seule est n&#233;cessaire. Marie a choisi la meilleure part. Et elle ne lui sera pas enlev&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour dire les choses tr&#232;s simplement, Fr&#232;res et S&#339;urs, Abraham est &#224; la fois Marthe et Marie, Marthe qui repr&#233;sente l'action, l'efficacit&#233; confront&#233;e aux contraintes de notre monde, et nos limites en temps et en moyens, et Marie qui repr&#233;sente la contemplation, c'est-&#224;-dire l'attachement de l'esprit &#224; la profondeur des choses, l'attention du c&#339;ur &#224; &#233;couter la voix du monde et la voix de Dieu dans tout ce que nous vivons, voulons, faisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne devons pas s&#233;parer Marthe et Marie. Ce sont deux s&#339;urs que J&#233;sus aime. Nous ne devons pas les opposer de mani&#232;re caricaturale, comme on a eu coutume de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marthe symboliserait la vie active de ces nombreux religieux et de ces nombreuses religieuses qui consacrent leur vie au service des malades ou des &#233;coles ou des paroisses. Et, par extension, elle symboliserait aussi la vie active des la&#239;cs et de l'humanit&#233; en g&#233;n&#233;ral qui est immerg&#233;e dans les affaires du monde et dans tous ses besoins, des plus mat&#233;riels et imm&#233;diats jusqu'aux plus globaux et engageant l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Marie serait l'image des moines et des moniales, tout adonn&#233;s &#224; la pri&#232;re, qui vivent &#224; l'ombre de leurs monast&#232;res, et qui se consument dans la recherche de Dieu, loin des agitations des peuples, avec cette sup&#233;riorit&#233; spirituelle qui consiste &#224; se consacrer tout entier aux affaires de notre P&#232;re qui est au cieux, comme l'a fait J&#233;sus lui-m&#234;me. Et, par extension, Marie serait l'image de tous ces chercheurs d'absolu qui, t&#244;t ou tard, se mettent &#224; l'&#233;cart de leur milieu social pour s'investir plus compl&#232;tement dans leur qu&#234;te de sens et de sagesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Marthe et Marie sont s&#339;urs, et les deux r&#233;gimes de vie qu'elles peuvent incarner ne sont oppos&#233;s qu'en apparence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carm&#233;lites dans leur couvent font autant la cuisine que les m&#232;res de famille derri&#232;re leurs fourneaux. Et de plus en plus de personnes qui travaillent loin de chez elles prient dans les transports en commun, ou bien passent dans des &#233;glises qui sont sur leur trajet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que J&#233;sus veut dire &#224; Marthe, et qu'Abraham exprime aussi bien que Marie, c'est que, au c&#339;ur de toutes les activit&#233;s qui nous absorbent, &#224; l'int&#233;rieur de nos existences que nous choisissons plus ou moins, et que nous aimons plus ou moins, sous l'&#233;corce et l'&#233;paisseur des jours o&#249; nous peinons, il y a un choix fondamental &#224; faire entre l'angoisse et la confiance, un choix fondamental entre la peur inqui&#232;te et incurable et la foi en l'amour, entre l'oubli de Dieu et l'abandon &#224; Dieu, &#224; sa pr&#233;sence et &#224; sa Providence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce choix fondamental, il est spirituel, c'est-&#224;-dire libre et intime. Et il nous ferme, ou alors il nous ouvre &#224; cette paix int&#233;rieure qui, m&#234;me au milieu des combats parfois rudes, nous garde un coin de notre &#226;me dans le silence et la stabilit&#233; qui nous permettent d'avancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le dit le pape Beno&#238;t XVI, en commentant cet &#233;vangile haut en couleurs de Marthe et de Marie : &#171; sans amour &#8211; et, ajoutons, sans confiance en la vie et en Dieu - m&#234;me les activit&#233;s les plus importantes perdent leur valeur et ne rendent pas heureux. Sans un sens profond, tout ce que nous faisons se r&#233;duit &#224; de l'activisme st&#233;rile et d&#233;sordonn&#233; &#187;. Vous le voyez, Fr&#232;res et S&#339;urs, c'est cela que le Christ explique &#224; Marthe, avec toute l'affection qu'il a pour elle et pour sa s&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la bonne nouvelle de l'&#233;vangile de ce matin, c'est que la meilleure part, celle qu'Abraham a d&#233;j&#224;, celle que Marie ne perdra pas, et celle que Marthe retrouve gr&#226;ce &#224; J&#233;sus, cette meilleure part, ce n'est pas de ne rien faire, c'est de tout faire en Dieu, qu'on s'asseye pour &#233;couter sa parole et pour chercher le sens de sa propre vie, ou qu'on soit totalement investi dans tout ce qu'il faut faire pour nourrir, accueillir et servir celles et ceux que nous prenons en charge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Demandons &#224; Dieu, par l'intercession de saint Marthe, la gr&#226;ce d'une vie active purifi&#233;e de toute ali&#233;nation dans le travail ou dans la recherche d'efficacit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandons &#224; Dieu, par l'intercession de sainte Marie de B&#233;thanie, la s&#339;ur de Marthe, la gr&#226;ce d'une vie spirituelle profonde et heureuse d'&#234;tre unie au Seigneur J&#233;sus. Et demandons &#233;galement &#224; Dieu, par l'intercession d'Abraham, la gr&#226;ce de tisser entre les croyants des liens de fraternit&#233; ouverts aux impr&#233;vus, et de pratiquer une hospitalit&#233; qui fasse grandir la paix dans notre monde. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vivre par le Christ au service du prochain</title>
		<link>http://www.cathedraledegrenoble.com/Vivre-par-le-Christ-au-service-du-prochain</link>
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		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;13e dimanche &#8211; C (Lc 9,51-62) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
pour aller droit au but, la question qui nous est pos&#233;e ce matin par les lectures que nous venons d'entendre, c'est ni plus ni moins que la question de Dieu dans notre vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Oui ou non, Dieu est-il Dieu dans notre vie ? Oui ou non, tient-il la place de Dieu, c'est-&#224;-dire la premi&#232;re place, ou bien tient-il plut&#244;t la deuxi&#232;me place ou la troisi&#232;me, ou encore une autre, ce qui signifie alors qu'il n'est plus Dieu, mais qu'il est une simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;13e dimanche &#8211; C (Lc 9,51-62)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour aller droit au but, la question qui nous est pos&#233;e ce matin par les lectures que nous venons d'entendre, c'est ni plus ni moins que la question de Dieu dans notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui ou non, Dieu est-il Dieu dans notre vie ? Oui ou non, tient-il la place de Dieu, c'est-&#224;-dire la premi&#232;re place, ou bien tient-il plut&#244;t la deuxi&#232;me place ou la troisi&#232;me, ou encore une autre, ce qui signifie alors qu'il n'est plus Dieu, mais qu'il est une simple idole parmi d'autres, malgr&#233; nos professions de foi et peut-&#234;tre m&#234;me nos pri&#232;res ? Est-ce bien le Seigneur J&#233;sus qui est &#224; la premi&#232;re place quand nous sommes avec les gens de notre maison et qu'il nous appelle &#224; le suivre, comme il le fait dans l'&#233;vangile d'aujourd'hui ? Est-ce bien le Christ mort et ressuscit&#233; qui est &#224; la premi&#232;re place lorsque nous enterrons nos morts ? Est-ce bien le service de Dieu, la vie spirituelle et la proximit&#233; avec l'&#201;glise qui ont du poids quand nous cherchons un nouveau logement, ou bien est-ce d'abord notre s&#233;curit&#233; animale qui compte pour nicher ou nous terrer quelque part, comme le font les oiseaux et les renards dont J&#233;sus vient de nous parler ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, nous r&#233;pondons &#224; ces questions en expliquant que nous sommes attach&#233;s au Seigneur et que nous l'aimons, et que nous restons avec lui dans tout ce que nous vivons. Et nous disons que c'est &#224; travers notre conjoint, nos enfants et nos amis, bref, &#224; travers nos liens charnels, familiaux et sociaux que nous vivons avec Dieu, qu'en retour il nous b&#233;nit et que nous lui rendons gr&#226;ce, et que, &#224; travers les &#233;preuves de la vie, nous avan&#231;ons plus pr&#232;s de lui. Oui, bien s&#251;r, Fr&#232;res et S&#339;urs. Mais, ce matin, il ne s'agit pas simplement de vivre avec le Seigneur &#224; travers les liens humains et les &#233;tapes de l'existence. Il ne s'agit pas seulement d'&#234;tre avec lui comme avec un ami, et de marcher avec lui sur les chemins du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous l'avez entendu : pour suivre le proph&#232;te Elie, le proph&#232;te &#201;lis&#233;e a tu&#233; ses b&#339;ufs, c'est-&#224;-dire son instrument de travail et son moyen de subsistance. Et, ce faisant, il est devenu enti&#232;rement d&#233;pendant de son nouveau ma&#238;tre. Ce qui veut dire que, dans l'&#201;vangile, J&#233;sus ne nous appelle pas seulement &#224; vivre avec lui mais &#224; vivre par lui, &#224; vivre &#224; partir de lui, en d&#233;pendance de lui, &#224; commencer par notre propre vie et la vie de nos proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vivre par le Christ ou vivre du Christ veut dire que le Christ J&#233;sus tient la premi&#232;re place dans notre vie, que dans nos choix fondamentaux il vient en premier, non pas en second ou en troisi&#232;me, et que par lui et pour lui nous consentons des sacrifices co&#251;teux ou m&#234;me insens&#233;s aux yeux du monde, mais des sacrifices qui nous font aimer d'un amour vrai, vivre de la vraie vie, celle qui est ouverte &#224; tous et qui a le go&#251;t de l'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, la soci&#233;t&#233; o&#249; nous vivons nous accusera peut-&#234;tre &#171; d'extr&#233;misme radical &#187; incompatible avec l'ouverture et la tol&#233;rance qui sont n&#233;cessaires &#224; la vie commune, dans toute sa diversit&#233; culturelle et spirituelle. Mais alors, c'est justement ici qu'il faut y regarder de plus pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, oui, l'&#201;vangile est radical. Et il appelle &#224; un lien direct, imm&#233;diat et personnel avec le Christ, un lien de d&#233;pendance vitale et sans compromission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est aussit&#244;t pour nous renvoyer directement, imm&#233;diatement et personnellement &#224; l'amour et au service les uns des autres, &#224; commencer par les plus pauvres et les plus faibles, au-del&#224; de nos cercles habituels et familiers. Oui, l'&#201;vangile est radical. Mais sa radicalit&#233; n'est pas celle de la violence qui &#233;limine ses adversaires et qui les tue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on est vraiment du Christ, quand on veut vivre par lui, on ne demande pas &#224; Dieu de d&#233;truire les ennemis qu'on peut avoir, en faisant tomber sur eux le feu du ciel, comme l'avait fait le proph&#232;te Elie en son temps, et comme Jacques et Jean voudraient le refaire au temps de J&#233;sus dans l'&#233;vangile de ce matin. Quand on veut vivre du Christ et par lui, on demande &#224; Dieu de b&#233;nir les ennemis, et on lui demande, comme le dit saint Paul, de ne pas se laisser vaincre par le mal, mais de vaincre le mal par le bien (Rm 12,21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; un v&#233;ritable combat spirituel. C'est le combat spirituel dont nous a parl&#233; la deuxi&#232;me lecture qui nous a rappel&#233; que, par notre bapt&#234;me et par le don de l'Esprit-Saint, le Christ nous a lib&#233;r&#233;s, et nous lib&#232;re en permanence, des passions charnelles et de leur domination, et nous appelle &#224; grandir dans la vraie libert&#233; en nous mettant les uns au service des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous d&#233;couvrons alors dans la vie de l'&#201;glise, et qui ne fait pas la une des m&#233;dias, c'est que lorsque nous nous mettons au service des plus pauvres et des plus faibles &#224; cause du Christ et de son appel radical, alors nous sommes touch&#233;s &#224; la racine de notre &#234;tre. Lui, J&#233;sus, prend davantage de place dans notre vie, et nous grandissons davantage dans la libert&#233; d'esprit re&#231;ue &#224; notre bapt&#234;me. C'est lorsque nous servons les plus pr&#233;caires alors m&#234;me que nous avons tout pour &#234;tre heureux, c'est alors que nous trouvons ce suppl&#233;ment de vie qui nous recentre sur l'essentiel que nous avons re&#231;u &#224; notre bapt&#234;me. C'est lorsque nous servons les plus faibles et les plus petits que nous recevons la consolation de l'Esprit sur nos blessures et sur nos drames. C'est au moment o&#249; nous aidons et o&#249; nous servons, pour l'amour inconditionnel du Christ, ceux qui d&#233;pendent enti&#232;rement de nous parce qu'ils n'ont rien d'autre, c'est &#224; ce moment-l&#224; que nous nous rendons enti&#232;rement d&#233;pendants du Christ qui nous envoie vers eux, et qui nous ordonne de les aimer, alors qu'ils nous sont peut-&#234;tre &#233;trangers ou m&#234;me antipathiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet extr&#233;misme-l&#224; qui est celui de l'&#201;vangile nous apprend &#224; mettre l'amour du Christ &#224; la premi&#232;re place. Et il fait alors entrer dans nos relations humaines les plus l&#233;gitimes et les plus famili&#232;res le souffle de l'Esprit-Saint et la libert&#233; m&#234;me de Dieu. &#171; Marchez sous la conduite de l'Esprit, et vous ne risquerez pas de satisfaire les convoitises de la chair &#187;, nous a dit l'&#233;p&#238;tre aux galates (Ga 5,16).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi l'&#201;glise nous appelle inlassablement &#224; servir les plus pauvres et les plus d&#233;munis, en leur apportant le vivre ensemble et la convivialit&#233; que nous r&#233;clamons pour nous-m&#234;mes ou pour notre soci&#233;t&#233;. &#202;tre engag&#233; dans cet amour du prochain, c'est &#234;tre fond&#233; sur le roc, et c'est &#234;tre capable de r&#233;sister aux temp&#234;tes et aux scandales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandons au Seigneur de nous faire avancer dans cet amour pour qu'il prenne toute sa place dans notre vie, et pour qu'il fasse de nous des chr&#233;tiens vigoureux comme des proph&#232;tes et heureux d'annoncer l'&#201;vangile &#224; notre monde. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire</title>
		<link>http://www.cathedraledegrenoble.com/La-realite-la-plus-extraordinaire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Hom&#233;lie pour la solennit&#233; du Saint-Sacrement C &#8211; (Lc 9,11b-17) &lt;br class='autobr' /&gt; Nous c&#233;l&#233;brons ce matin, Fr&#232;res et S&#339;urs, la r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire qui existe sur notre plan&#232;te, plus extraordinaire que tout ce que nous connaissons, et plus extraordinaire que tout ce que nous ne connaissons pas et qui reste encore dans l'ombre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le jour o&#249; ce qui est encore dans l'ombre viendra progressivement &#224; la lumi&#232;re, le jour o&#249; ce qui reste encore dans le secret sera peu &#224; peu d&#233;voil&#233;, peut-&#234;tre que ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton427-85eb2.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hom&#233;lie pour la solennit&#233; du Saint-Sacrement C &#8211; (Lc 9,11b-17)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous c&#233;l&#233;brons ce matin, Fr&#232;res et S&#339;urs, la r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire qui existe sur notre plan&#232;te, plus extraordinaire que tout ce que nous connaissons, et plus extraordinaire que tout ce que nous ne connaissons pas et qui reste encore dans l'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le jour o&#249; ce qui est encore dans l'ombre viendra progressivement &#224; la lumi&#232;re, le jour o&#249; ce qui reste encore dans le secret sera peu &#224; peu d&#233;voil&#233;, peut-&#234;tre que ce jour-l&#224;, devant les r&#233;alit&#233;s nouvelles et insoup&#231;onn&#233;es qui appara&#238;tront, nous serons comme les ap&#244;tres quand ils ont vu le Christ marcher sur l'eau. Nous serons au comble de la stupeur, et nous serons effray&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il en sera ainsi, nous dit l'&#233;vangile selon saint Marc, parce que nous n'aurons toujours pas compris le miracle des pains (6,52), le miracle de la multiplication des pains dont nous venons d'entendre le r&#233;cit parall&#232;le chez saint Luc, miracle proph&#233;tique et annonciateur de cette r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire o&#249; Dieu se donne &#224; nous en nourriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dieu lui-m&#234;me sous la forme de pain &#224; manger. Dieu lui-m&#234;me, l'amour inconditionnel, infini et tout-puissant, sous forme d'aliment pour &#234;tre assimil&#233; par notre corps, notre &#226;me et notre esprit. Le Christ a nourri les foules en Galil&#233;e pour signifier qu'il nourrirait un jour les foules du monde entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fils de Dieu, c'est-&#224;-dire Dieu le Fils, incarn&#233; dans notre condition humaine physique et spirituelle, mort crucifi&#233; &#224; J&#233;rusalem, ressuscit&#233; le troisi&#232;me jour et mont&#233; au ciel vers son P&#232;re et notre P&#232;re, a lui-m&#234;me enseign&#233; qu'il donnerait sa chair, devenue glorieuse et immortelle, sous forme de pain &#224; manger, pour nourrir et faire grandir la vie-m&#234;me de Dieu, la vie &#233;ternelle, en celles et ceux qui croiraient en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il a lui-m&#234;me cr&#233;&#233; consciemment et volontairement cette nourriture la veille de sa mort, comme nous l'a rappel&#233; la deuxi&#232;me lecture, en transformant par sa parole qui a fait tant de miracles du pain en son corps et du vin en son sang, et en ordonnant &#224; ses ap&#244;tres de r&#233;p&#233;ter ses paroles et ses gestes jusqu'&#224; ce qu'il revienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que nous faisons tous les dimanches matin et tous les jours. C'est l'Eucharistie &#8211; ou encore la messe &#8211; qu'il a lui-m&#234;me instaur&#233;e, institu&#233;e. C'est le sacrement de son corps vivant et de son sang vivant. C'est lui-m&#234;me en personne, la R&#233;surrection et la Vie qui se donne &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne connais pas d'autre religion ou philosophie du monde, ni aucune autre spiritualit&#233;, dans lesquelles celui que les hommes appellent Dieu aille aussi loin pour se communiquer &#224; eux, se faire conna&#238;tre d'eux, et se donner &#224; eux en partageant leur souffrance et leur mort, en en sortant vainqueur, et en les alimentant par sa propre vie pour les sauver de la souffrance et de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire de notre terre, c'est Dieu qui se donne et qui s'offre &#224; nous en nourriture pour nourrir en nous la force de nous aimer les uns les autres, la force de nous supporter les uns les autres et nous pardonner les uns aux autres, afin que nous b&#226;tissions ensemble des communaut&#233;s fraternelles qui t&#233;moignent de sa pr&#233;sence r&#233;elle au milieu de notre monde, pour le salut de notre monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cela, le corps du Christ : corps physique et masculin du Christ J&#233;sus en Isra&#235;l, il y a 2000 ans, ce m&#234;me corps enti&#232;rement transform&#233; par la r&#233;surrection et devenu corps spirituel et glorieux tout en restant physique, et prenant la forme de pain et de vin. C'est la forme eucharistique de J&#233;sus. C'est son corps eucharistique auquel nous communions pendant la messe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce m&#234;me corps de J&#233;sus, galil&#233;en il y a 2000 ans et eucharistique aujourd'hui, c'est aussi l'&#201;glise dans tous les temps et dans tous les pays. Car, en se donnant &#224; nous tout entier, le Christ, comme le dit saint Paul, fait de nous son corps (1Co 12,27), ses membres, ses ambassadeurs qui le rendent pr&#233;sent dans notre monde. Nous sommes ses mains, ses yeux, sa voix, son c&#339;ur, sa pens&#233;e. Il fait de nous son corps, son corps &#224; la fois mystique et social. C'est cela l'&#201;glise corps du Christ, corps d'humanit&#233; qui se construit et se nourrit du corps eucharistique du Christ qui n'est autre que son corps humain transfigur&#233; par la r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'intimit&#233; que chacun de nous a dans son c&#339;ur avec le Seigneur est la m&#234;me intimit&#233; que nous avons entre nous, m&#234;me si, humainement parlant, nous ne nous connaissons pas ou pas bien les uns les autres. Voyez-vous, Fr&#232;res et S&#339;urs, il y a entre nous une communion spirituelle qui n'est pas de ce monde : c'est l'intimit&#233; m&#234;me du Christ. Et cette intimit&#233; myst&#233;rieuse, elle va bien au-del&#224; des courants de pens&#233;e ou des clivages par lesquels notre monde quelquefois nous divise et nous oppose les uns aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce corps du Christ qui est l'&#201;glise, corps mystique et corps social de J&#233;sus, il est crucifi&#233; par nos fautes comme le Vendredi Saint, mais il tient debout et il traverse les si&#232;cles parce qu'il est d&#233;j&#224; ressuscit&#233;, comme au matin de P&#226;ques, par la puissance de l'Esprit-Saint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise est crucifi&#233;e par le p&#233;ch&#233; des hommes, et en particulier des chr&#233;tiens qui sont ses propres enfants. Et il y a longtemps qu'elle aurait disparu, si elle n'&#233;tait pas anim&#233;e par l'Esprit-Saint et nourrie par l'eucharistie, c'est-&#224;-dire anim&#233;e par l'amour &#233;ternel, et nourrie par l'amour plus fort que la mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'amour qui nous fait cohabiter, sans que nous nous en rendions compte, avec la r&#233;alit&#233; la plus extraordinaire de notre monde. C'est l'amour spirituel de Dieu qui nous fait m&#234;me vivre de cette r&#233;alit&#233;, sans que nous en prenions conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rendons gr&#226;ce &#224; la bont&#233; de Dieu qui parfois, dans des moments de lucidit&#233;, nous l&#232;ve un coin du voile, et qui, dans l'avenir qui nous attend, nous fera d&#233;couvrir un peu plus et un peu mieux les profondeurs insondables de ce grand amour qui vient sur nos l&#232;vres ou dans nos mains, et qui nous unit les uns aux autres pour faire de nous des instruments de paix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que notre joie soit grande, ce matin, et qu'en nous laissant nourrir par le pain qui descend du ciel, nous aidions notre monde &#224; s'&#233;lever vers Dieu. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pentec&#244;te anti-Babel et communion</title>
		<link>http://www.cathedraledegrenoble.com/Pentecote-anti-Babel-et-communion</link>
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		<dc:date>2022-06-07T08:40:24Z</dc:date>
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		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



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&lt;p&gt;Hom&#233;lie pour la Pentec&#244;te C &#8211; (Jn 14,15-16.23b-26) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
nous l'avons entendu dans la premi&#232;re lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, au matin de la Pentec&#244;te, un vent violent a souffl&#233; sur J&#233;rusalem. Le feu divin est descendu sur les ap&#244;tres. Il a br&#251;l&#233; leur peur et d&#233;li&#233; leurs langues. Et ils sont sortis dans la rue. Ils ont annonc&#233; la r&#233;surrection du Christ aux foules venues de tout le Proche-Orient. Ils ont proclam&#233; les merveilles de Dieu avec un enthousiasme communicatif, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton426-4f1df.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Hom&#233;lie pour la Pentec&#244;te C &#8211; (Jn 14,15-16.23b-26)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous l'avons entendu dans la premi&#232;re lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, au matin de la Pentec&#244;te, un vent violent a souffl&#233; sur J&#233;rusalem. Le feu divin est descendu sur les ap&#244;tres. Il a br&#251;l&#233; leur peur et d&#233;li&#233; leurs langues. Et ils sont sortis dans la rue. Ils ont annonc&#233; la r&#233;surrection du Christ aux foules venues de tout le Proche-Orient. Ils ont proclam&#233; les merveilles de Dieu avec un enthousiasme communicatif, en se faisant comprendre de tous, &#224; la stupeur g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : pourquoi le r&#233;cit de la Pentec&#244;te insiste-t-il tant sur les langues &#233;trang&#232;res que les ap&#244;tres ont parl&#233;es pour annoncer la r&#233;surrection ? Le vrai miracle de la Pentec&#244;te consiste-t-il simplement &#224; parler tout d'un coup une langue que l'on ne conna&#238;t pas ? Si c'est cela, aujourd'hui il n'y a plus de miracle de la Pentec&#244;te, parce que les traducteurs automatiques sont de plus en plus performants et accomplissent en un clin d'&#339;il la m&#234;me prouesse. Or, il y a bien un vrai miracle de la Pentec&#244;te, un miracle pour aujourd'hui, m&#234;me avec nos traducteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on y pense, Fr&#232;res et S&#339;urs, le plus grand obstacle &#224; la communication, ce n'&#233;tait pas les langues &#233;trang&#232;res. Le plus grand obstacle &#224; la communication, c'&#233;tait, au-del&#224; des langues &#233;trang&#232;res, ce que nous appellerions aujourd'hui les barri&#232;res culturelles, psychologiques et philosophiques. Et cet obstacle &#233;tait, en quelque sorte, redoubl&#233; par le contenu-m&#234;me du message qui est la r&#233;surrection du Christ dans ce qu'elle a d'inou&#239; et d'inimaginable (1Co 2,9). Alors pourquoi saint Luc, l'auteur des Actes des Ap&#244;tres, insiste-t-il tant sur les diff&#233;rentes langues parl&#233;es par les ap&#244;tres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous le savez, Fr&#232;res et S&#339;urs, c'est parce que saint Luc veut nous dire que la Pentec&#244;te est l'antidote, ou le contraire, de ce qui s'est pass&#233; &#224; Babel, au d&#233;but de la Bible, dans le livre de la Gen&#232;se (Gn 11,1-9), quand Dieu a brouill&#233; le langage des hommes pour qu'ils ne se comprennent plus, et pour qu'ils cessent de construire cette immense tour de Babel, en s'imaginant qu'ils atteindraient le ciel en se passant de Dieu. Saint Luc veut nous dire qu'&#224; Babel Dieu a sem&#233; la brouille entre les hommes pour enrayer leur projet de toute puissance et de construction gigantesque, mais qu'&#224; la Pentec&#244;te Dieu met fin &#224; cette brouille en donnant l'Esprit-Saint, pour que les hommes retrouvent la communion avec Dieu et entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, au fond, la vraie question n'est pas de savoir si l'on parle mat&#233;riellement la m&#234;me langue ou pas. La vraie question, c'est de savoir si l'on se comprend, si l'on s'entend, qu'on parle mat&#233;riellement la m&#234;me langue ou pas. Vous le savez bien, Fr&#232;res et S&#339;urs, on peut parler la m&#234;me langue et ne plus du tout s'entendre ni se comprendre. Et, inversement, on peut tr&#232;s bien s'entendre et se comprendre, alors qu'on ne parle pas la m&#234;me langue. Ce qui compte, c'est la communion de c&#339;ur et d'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, le projet de Babel, quel est-il ? Vous le savez aussi. Le projet de Babel, aujourd'hui comme hier, c'est de d&#233;velopper toujours plus la puissance humaine, pour conqu&#233;rir l'infini. C'est de rassembler toujours plus les ressources humaines et naturelles, et r&#233;unir toujours plus les efforts humains, pour affranchir l'humanit&#233; de la maladie, de la vieillesse et de la mort, et jusqu'&#224; supprimer toutes les limites et les fragilit&#233;s du corps humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'unit&#233; concr&#232;te, impos&#233;e de fait par la tour de Babel &#224; l'humanit&#233;, c'est &#8211; comme l'a bien vu le pape Beno&#238;t XVI &#8211; l'unit&#233; avant tout technique d'une seule langue et d'une seule culture qui domine le monde et la plan&#232;te, pour arriver &#224; manipuler le vivant, et &#224; fabriquer l'homme lui-m&#234;me, en se passant de Dieu, et en prenant sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, que se passe-t-il &#224; ce moment-l&#224; ? De nos jours nous le voyons et nous le sentons bien. Au moment-m&#234;me o&#249; il n'y a jamais eu autant de communication entre les personnes, et autant de circulation d'information entre les r&#233;seaux, la communion et la compr&#233;hension mutuelle restent toujours aussi difficiles et aussi laborieuses. La haine en ligne, la violence et les horreurs ont plut&#244;t pour effet d'attiser les conflits, au point, nous dit Beno&#238;t XVI, que les hommes en deviennent plus m&#233;fiants et plus agressifs, et que se comprendre les uns les autres para&#238;t demander trop d'efforts, si bien qu'on se replie finalement sur ses cercles habituels et sur ses propres int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le monde, plus connect&#233; que jamais, accouche, en r&#233;alit&#233;, d'un monde plus &#233;clat&#233; que jamais. C'est cela, le ph&#233;nom&#232;ne de Babel o&#249; l'on se brouille et ne se comprend plus. Comme au d&#233;but de la Bible, quand les hommes s'enivrent de leur propre puissance, au point de ne plus vouloir d&#233;pendre de Dieu, quand ils s'imaginent qu'ils ont enfin les moyens de tout d&#233;finir et de tout reconstruire, y compris l'humain lui-m&#234;me, alors arrive un certain moment o&#249; leur unification technologique autour d'une m&#234;me langue et d'une culture dominante se retourne contre leur communion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et leur entente mutuelle se brouille et se brise en de multiples parties qui ne se comprennent plus parce que leurs int&#233;r&#234;ts sont devenus divergents et qu'ils ne parlent plus le m&#234;me langage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cet &#233;clatement de Babel, c'est ce brouillage malgr&#233; les unit&#233;s apparentes et les connexions mondialis&#233;es, c'est cette incompr&#233;hension qui est symbolis&#233;e par les langues &#233;trang&#232;res de la Pentec&#244;te, et par les barri&#232;res insurmontables que ces langues peuvent repr&#233;senter quand la communion n'existe plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est sur cet arri&#232;re-fond du langage o&#249; l'on ne se comprend plus que l'Esprit de la Pentec&#244;te est venu comme un feu gu&#233;risseur qui r&#233;unifie les esprits et les langues dans la louange de Dieu, en respectant leurs diff&#233;rences, en faisant m&#234;me de leurs diff&#233;rences une richesse, et en renouvelant la face de la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Esprit-Saint est descendu comme un feu qui ne d&#233;truit pas ce qu'il touche, mais qui embrase les r&#233;alit&#233;s humaines, pour qu'elles donnent le meilleur d'elles-m&#234;mes. L'Esprit du Christ ressuscit&#233; a rempli les c&#339;urs pour les purifier de la logique de Babel qui est la logique de l'avoir et de l'int&#233;r&#234;t, de la concurrence et de la domination. Telle est l'&#339;uvre de l'Esprit-Saint dont le Christ a dit dans l'&#233;vangile qu'il est le D&#233;fenseur, c'est-&#224;-dire celui qui nous prot&#232;ge de nos instincts d&#233;mesur&#233;s qui ne conduisent qu'&#224; la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs, nous ne sommes pas un peuple d'individus asservis peu &#224; peu &#224; la puissance de Babel et &#224; la domination de la pens&#233;e unique et de son projet d'une humanit&#233; future immortelle et ath&#233;e. Nous sommes une grande assembl&#233;e d'hommes et de femmes libres qui viennent de tous les horizons, qui r&#233;pondent librement aux impulsions de l'Esprit-Saint, et qui s'attachent &#224; b&#226;tir dans la foi et dans l'esp&#233;rance la civilisation de l'amour, avec ce qu'elle contient d&#233;j&#224; d'&#233;ternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quelles que soient nos faiblesses et nos imperfections, peut-&#234;tre m&#234;me aussi nos fautes, n'ayons pas peur, et soyons heureux de pouvoir dire &#224; nos contemporains, dans la douceur et le respect, combien la joie est grande quand on accueille l'Esprit de Dieu, et combien la communion des c&#339;urs est belle quand on partage humblement la paix qu'il donne, et qu'il apporte &#224; notre monde. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que tous soient un</title>
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		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



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&lt;p&gt;7e dimanche de P&#226;ques (Jn 17, 20-26) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
nous sommes entre l'Ascension et la Pentec&#244;te. Le Christ J&#233;sus est au ciel, aupr&#232;s de Dieu. Et, dans la premi&#232;re lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, saint &#201;tienne, au moment de son martyr, le voit dans la gloire. Nous avons compris, jeudi dernier, que, depuis l'Ascension, le ciel de Dieu n'est pas au-dessus de nos t&#234;tes, mais qu'il est au milieu de nous, et avec nous &#171; tous les jours jusqu'&#224; la fin des temps &#187; (Mt 28,20). Parce que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton425-c5114.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;7e dimanche de P&#226;ques (Jn 17, 20-26)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;nous sommes entre l'Ascension et la Pentec&#244;te. Le Christ J&#233;sus est au ciel, aupr&#232;s de Dieu. Et, dans la premi&#232;re lecture tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, saint &#201;tienne, au moment de son martyr, le voit dans la gloire. Nous avons compris, jeudi dernier, que, depuis l'Ascension, le ciel de Dieu n'est pas au-dessus de nos t&#234;tes, mais qu'il est au milieu de nous, et avec nous &#171; tous les jours jusqu'&#224; la fin des temps &#187; (Mt 28,20). Parce que le ciel de Dieu, c'est J&#233;sus lui-m&#234;me ressuscit&#233;, r&#233;ellement et universellement pr&#233;sent dans les tabernacles de nos &#233;glises, dans la vie des communaut&#233;s chr&#233;tiennes, et partout dans le monde o&#249; les hommes et les femmes cherchent la justice et la paix, l'amour et la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce ciel vers lequel nous marchons, c'est notre chair mortelle qui ressuscite, c'est notre terre qui est transfigur&#233;e par l'amour de Dieu, c'est la r&#233;alit&#233; physique de notre monde qui entre dans la gloire de Dieu par la puissance de l'Esprit-Saint. Et, depuis l'Ascension, ce ciel, il est d&#233;j&#224; parmi nous en la personne de J&#233;sus, le Christ ressuscit&#233;, transfigur&#233;, glorifi&#233;. Il se donne &#224; nous en communion pour nourrir en nous le d&#233;sir du ciel. Il nous appelle &#224; travailler &#224; l'&#233;l&#233;vation spirituelle du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la Pentec&#244;te, il va nous donner l'Esprit-Saint, c'est-&#224;-dire le feu, la force, le souffle de Dieu pour que nous ne soyons pas simplement des b&#233;b&#233;s, des tout-petits, des nourrissons qui se laissent porter, soulever, bercer par leurs parents, mais pour que nous devenions des fils et des filles de Dieu qui sont conscients de leurs limites et m&#234;me de leurs fautes, mais qui, n&#233;anmoins, s'engagent volontairement dans la transformation de leur vie, dans la conversion de leur c&#339;ur, et dans l'am&#233;lioration inlassable des relations humaines qui seule, cette am&#233;lioration, peut sauver notre monde et l'affranchir du mal. Depuis que J&#233;sus est mont&#233; au ciel il est aupr&#232;s de nous plus intens&#233;ment pr&#233;sent qu'il ne l'a &#233;t&#233; aupr&#232;s des ap&#244;tres en Galil&#233;e. Il nous appelle &#224; devenir meilleurs. Et il attend que nous nous y engagions r&#233;solument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien cela qu'il demande au P&#232;re quand il prie pour l'unit&#233; de ses disciples dans l'&#233;vangile que nous venons d'entendre : &#171; que tous soient un, comme toi et moi nous sommes un &#187;. Cette unit&#233; divine entre les disciples pour laquelle J&#233;sus prie avant de mourir, cette unit&#233; des disciples avec Dieu et entre eux, c'est la grande &#339;uvre de salut pour laquelle il donne sa vie, son amour, son Esprit-Saint. Cette unit&#233; qui sauve les hommes, c'est leur &#233;l&#233;vation ensemble vers Dieu. C'est leur communion de c&#339;ur et d'esprit dans l'amour mis&#233;ricordieux et vrai. Dit autrement, Fr&#232;res et S&#339;urs, notre unit&#233;, c'est notre ascension. Et plus nous grandissons dans l'unit&#233;, plus nous nous &#233;levons vers Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous le sentons bien, et nous le savons bien. Chaque fois que nous nous r&#233;unissons dans la foi, dans l'esp&#233;rance et dans la charit&#233;, de fa&#231;on &#233;minente &#224; la messe le dimanche mais pas seulement, chaque fois que nous nous r&#233;concilions avec Dieu, avec nous-m&#234;mes, les uns avec les autres et avec le monde autour de nous, alors nous faisons une exp&#233;rience d'&#233;l&#233;vation qui nous fait monter au ciel. Et nous devenons un peu plus nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et inversement, et nous le savons aussi, chaque fois que nous nous divisons, que nous nous blessons, que nous nous ha&#239;ssons, nous chutons, nous tombons, collectivement. Et nous en sommes conscients. Mais trop souvent, nous avons du mal &#224; l'admettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il faut la pri&#232;re du Christ avant sa mort pour demander au P&#232;re cette unit&#233;, c'est parce que cette unit&#233; nous est impossible &#224; r&#233;aliser par nous-m&#234;mes : &#171; sans moi, vous ne pouvez rien faire &#187;, nous dit J&#233;sus au soir du Jeudi Saint (Jn 15,5). C'est bien pour cela qu'il nous donne son Esprit-Saint, pour nous &#233;clairer, nous assister dans nos discernements et dans nos entreprises. Mais, fondamentalement, l'unit&#233; des chr&#233;tiens, et autour d'elle, partout sur la plan&#232;te, l'unit&#233; des hommes, l'unification de l'humanit&#233; - qui signifie le r&#232;glement de ses conflits -, cette unit&#233; se trouve hors de port&#233;e du seul pouvoir humain, f&#251;t-il celui d'un gouvernement mondial. C'est que l'unification du monde et son &#233;l&#233;vation ne se feront pas sans la transcendance de Dieu, transcendance qui est, par d&#233;finition, toujours nouvelle et au-del&#224; des repr&#233;sentations partielles balbuti&#233;es par les grandes religions et les philosophies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, bien s&#251;r, il y a l'&#339;cum&#233;nisme qui travaille &#224; l'unit&#233; des chr&#233;tiens depuis le XIXe si&#232;cle, et qui donne des signes encourageants lorsqu'il est v&#233;cu en profondeur. Et il y a aussi le dialogue interreligieux &#8211; entre les religions - qui est vraiment n&#233; au XXe si&#232;cle, dans l'entre-deux guerres, et qui produit des liens de respect ou m&#234;me d'amiti&#233; entre des chr&#233;tiens et des croyants d'autres confessions. Et il y a &#233;galement ce qu'il faut appeler aujourd'hui la r&#233;conciliation officielle des juifs et des chr&#233;tiens, depuis le concile Vatican II, au lendemain de la Shoah, r&#233;conciliation qui a quelque chose de miraculeux, et qui porte en germe la r&#233;conciliation de bien d'autres courants religieux les uns avec les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ces mouvements ne peuvent &#234;tre efficaces et durables que si les c&#339;urs de celles et ceux qui s'y engagent restent avant tout orient&#233;s vers Dieu, ou, du moins, vers l'humble recherche de la v&#233;rit&#233;, dans l'&#233;coute bienveillante et dans le dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous vous rappelez, Fr&#232;res et S&#339;urs, cette parole de sainte Th&#233;r&#232;se de Lisieux, qui disait un peu avant sa mort : &#171; il me semble que je n'ai jamais cherch&#233; que la v&#233;rit&#233; &#187;, alors qu'elle a &#233;t&#233; reconnue comme un ap&#244;tre de l'Amour Mis&#233;ricordieux, &#224; une &#233;poque o&#249; l'on avait une image de Dieu qui &#233;tait celle d'un justicier s&#233;v&#232;re et redoutable. En ces jours d'Ascension et de Pentec&#244;te, pla&#231;ons-nous sous l'&#233;gide &#233;nergique de cette petite Th&#233;r&#232;se de l'Enfant-J&#233;sus qui est docteur de l'&#201;glise et patronne secondaire de la France, et demandons &#224; Dieu un &#339;cum&#233;nisme de la saintet&#233; qui sache conjuguer l'amour et la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop souvent, dans nos relations famili&#232;res ou dans nos relations publiques, nous sacrifions l'amour sur l'autel de la v&#233;rit&#233; quitte &#224; blesser sans m&#233;nagements, ou bien, &#224; l'inverse, nous sacrifions la v&#233;rit&#233; sur l'autel de l'amour, quitte &#224; dissimuler dangereusement la r&#233;alit&#233;. Mais si nous d&#233;cidons d'aimer l'Esprit-Saint, l'Esprit de saintet&#233;, l'Esprit de v&#233;rit&#233;, alors nous entendrons saint Paul nous dire que &#171; l&#224; o&#249; est l'Esprit du Seigneur, l&#224; est la libert&#233; &#187; (2Co 3,17), la libert&#233; d'aimer, la libert&#233; d'&#234;tre en v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude de fond est indispensable quand les pol&#233;miques historiques de longue dur&#233;e semblent insurmontables, et que les points de vue radicalis&#233;s par la souffrance paraissent irr&#233;conciliables, que ces points de vue soient th&#233;ologiques, spirituels, liturgiques ou politiques, ou d'autres encore. Seul Dieu, dans son amour et dans sa lumi&#232;re, peut accomplir des miracles d'unit&#233; entre les croyants qui se r&#233;clament de lui. Nous savons que les blessures du Christ crucifi&#233; ne sont pas le dernier mot de son existence, et que donc les d&#233;chirures du Corps du Christ &#8211; qui est l'&#201;glise - ne sont pas non plus le dernier mot de l'histoire chr&#233;tienne, et que, par extension, les horreurs dont les hommes sont capables ne sont pas non plus la fin de l'histoire humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Demandons simplement &#224; Notre Seigneur J&#233;sus, ce matin, qu'il nous garde en sa pr&#233;sence et dans son infinie sagesse pour qu'en travaillant nous-m&#234;mes &#224; faire grandir l'unit&#233; autour de nous et de nos proches, nous soyons les t&#233;moins de son amour et de sa paix, pour assurer la vie de notre monde. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comprendre l'Ascension ici et maintenant</title>
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		<dc:creator>Eric Le Meur</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ann&#233;e C &#8211; (Lc 24,46-53) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
l'&#233;vangile que nous venons d'entendre nous raconte que 40 jours apr&#232;s P&#226;ques le Christ ressuscit&#233; monte au ciel, et que ses ap&#244;tres ne le verront plus. Cette ascension a lieu pour que nous comprenions que les relations vont changer entre J&#233;sus et les siens qui l'ont connu sur terre, c'est-&#224;-dire l&#224; o&#249; nous sommes nous aussi. Et ce qu'il nous faut comprendre, c'est que lorsque le Christ s'&#233;l&#232;ve, il ne part pas dans une autre plan&#232;te ou dans une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ann&#233;e C &#8211; (Lc 24,46-53)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'&#233;vangile que nous venons d'entendre nous raconte que 40 jours apr&#232;s P&#226;ques le Christ ressuscit&#233; monte au ciel, et que ses ap&#244;tres ne le verront plus. Cette ascension a lieu pour que nous comprenions que les relations vont changer entre J&#233;sus et les siens qui l'ont connu sur terre, c'est-&#224;-dire l&#224; o&#249; nous sommes nous aussi. Et ce qu'il nous faut comprendre, c'est que lorsque le Christ s'&#233;l&#232;ve, il ne part pas dans une autre plan&#232;te ou dans une autre galaxie. Lorsqu'il monte au ciel, il ne va pas ailleurs, dans un autre espace-temps, ou dans un autre univers qui serait celui de Dieu. Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le Christ sort de ce monde et le quitte en montant au ciel, nous devons comprendre que ce dont il sort c'est de notre monde caduc, temporel, mortel, sujet &#224; la d&#233;gradation, &#224; l'usure, &#224; la mort, parce que lui, le Christ ressuscit&#233;, il est, en personne, la vie &#233;ternelle. C'est ce qu'il dit &#224; Marthe, la s&#339;ur de Lazare : &#171; Je suis la R&#233;surrection et la vie &#187;. J&#233;sus ne monte pas au ciel pour nous quitter ou pour aller ailleurs que l&#224; o&#249; nous sommes. Il ne monte pas au ciel pour nous abandonner, pour nous laisser l'Esprit-Saint comme un palliatif ou un ersatz. Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il monte au ciel pour nous faire comprendre qu'il est lui-m&#234;me le ciel sur la terre, le ciel qui ne nous quitte pas puisqu'il nous dit, dans saint Matthieu : &#171; je suis avec vous tous les jours jusqu'&#224; la fin du monde &#187; (Mt 28,20). Autrement dit, Fr&#232;res et S&#339;urs, le Christ J&#233;sus qui est pr&#233;sent dans tous les tabernacles de toutes les &#233;glises du monde, c'est le Christ ressuscit&#233; mont&#233; au ciel &#224; l'Ascension. Il est ici, le ciel, sur terre, au milieu de nous. Et nous le recevons dans nos mains ou sur nos l&#232;vres lorsque nous communions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette pr&#233;sence r&#233;elle, c&#233;leste et universelle du Christ, elle nous entra&#238;ne et elle nous &#233;l&#232;ve. Elle nous emporte au ciel, c'est-&#224;-dire non pas ailleurs que dans notre monde mais dans la transformation profonde de notre monde, dans la transformation spirituelle de tout notre &#234;tre, dans notre &#233;l&#233;vation, dans notre ascension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#8211; vous l'avez compris - le ciel, ce n'est pas la stratosph&#232;re. Le ciel, c'est la transformation, la transfiguration de toute chose par l'amour de Dieu. C'est pour cela que l'Ascension de J&#233;sus est la cause d'une grande joie, car au lieu qu'il se s&#233;pare de nous, comme s'il partait loin de nous, en r&#233;alit&#233; il monte, oui. Mais il monte en intensit&#233; de pr&#233;sence aupr&#232;s de nous, et il nous fait monter nous-m&#234;mes avec lui en intensit&#233; de pr&#233;sence aupr&#232;s de Dieu, et les uns aupr&#232;s des autres et aupr&#232;s de notre monde. Le voil&#224;, le sens de l'Ascension qu'il nous faut comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela est infiniment heureux. D'o&#249; la joie des ap&#244;tres, nous a dit saint Luc. Et cette joie nous dit que nous ne sommes pas faits pour la terre mais pour le ciel, c'est-&#224;-dire que nous ne sommes pas faits pour la terre telle que nous la voyons aujourd'hui dans ce qu'elle a de bless&#233;, de douloureux et de passager, qui va vers sa destruction et vers son extinction. Mais nous sommes faits pour la terre transfigur&#233;e par la gloire de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes faits pour une terre sur laquelle le ciel est descendu pour la prendre avec lui et la faire grandir et monter, dans la puissance de l'Esprit, vers l'amour infini.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pour cela que l'Ascension du Christ est d&#233;j&#224; notre Ascension, et cause d'une tr&#232;s grande joie. Demandons la gr&#226;ce d'avoir le c&#339;ur et le regard assez purs pour voir cela, pour voir que le Christ ressuscit&#233; mont&#233; au ciel est ici parmi nous, dans les sacrements de l'&#201;glise, dans la vie fraternelle, dans la charit&#233;, dans tous les lieux du monde o&#249; l'Esprit de Dieu transforme le c&#339;ur de l'homme pour lib&#233;rer le monde de l'emprise du mal. Il est pr&#233;sent partout, et il se donne au monde pour que le monde s'&#233;l&#232;ve par lui, avec lui et en lui dans l'amour de Dieu : &#171; je veux que l&#224; o&#249; je suis, vous soyez vous aussi avec moi &#187;, dit J&#233;sus dans saint Jean.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous allons un jour, par un moyen de transport inconnu, nous d&#233;placer dans l'univers pour aller vers un ailleurs. Cela veut dire que dans le Christ nous allons nous &#233;lever, en nous transformant dans notre esprit, en nous renouvelant dans notre c&#339;ur et dans nos relations humaines, les uns avec les autres et aussi avec notre plan&#232;te et notre monde autour de nous. C'est cela notre foi qui est la foi catholique de l'&#201;glise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, bien entendu, le monde qui veut se suffire &#224; lui-m&#234;me, et qui se coupe de Dieu dans ce qu'on appelle le p&#233;ch&#233;, ce monde qui veut s'accomplir par ses seules forces et par sa seule puissance consid&#232;re que notre foi est inacceptable et inadmissible, ou m&#234;me irritante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, de fait, cette &#233;l&#233;vation que le Christ nous permet de vivre dans l'Esprit, conteste frontalement le mat&#233;rialisme transhumaniste qui pr&#233;tend fabriquer une humanit&#233; immortelle &#224; grand renfort de manipulations biologiques et technologiques. Au nom de la R&#233;surrection et de l'Ascension du Christ, au nom de ce qui est d&#233;j&#224; notre R&#233;surrection et notre Ascension par l'&#233;l&#233;vation que donne l'Esprit-Saint, nous pouvons et nous devons contester cette manipulation de l'humanit&#233; qui entend produire une immortalit&#233; au rabais. Car ce n'est pas avec cette alchimie que nous grandirons dans la civilisation de l'amour et dans la transfiguration de la mati&#232;re par la puissance de l'Esprit, de l'Esprit-Saint de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui notre monde manifeste ses faiblesses alors qu'il se croit tout puissant. Mais m&#234;me s'il continue &#224; se laisser dominer par l'app&#233;tit de conqu&#234;tes et de guerres, comme on le voit en Ukraine, m&#234;me s'il va vers sa perte et vers sa fin, le Christ ressuscit&#233; mont&#233; au ciel est pr&#233;sent en lui comme le germe de la R&#233;surrection. Il est pr&#233;sent dans nos c&#339;urs comme le germe de notre &#233;ternit&#233;. Ce Christ ressuscit&#233; ancr&#233; au c&#339;ur de notre monde le plus caduc et le plus fragile, il est le d&#233;but de notre propre transformation et de la transformation du monde. C'est cela qui commence &#224; l'Ascension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les anges disent aux ap&#244;tres au d&#233;but des Actes &#171; il viendra dans la gloire comme il est parti &#187;, c'est-&#224;-dire en s'&#233;levant vers le ciel, cela veut dire que le Christ ressuscit&#233;, d&#233;j&#224; universellement pr&#233;sent dans le monde, se manifestera un jour de mani&#232;re plus puissante et plus visible pour finir d'&#233;lever le monde vers Dieu, comme lui-m&#234;me d&#233;j&#224; s'est &#233;lev&#233; sous les yeux des ap&#244;tres dans le ciel de J&#233;rusalem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, Fr&#232;res et S&#339;urs, rendons gr&#226;ce &#224; Dieu pour cette immense esp&#233;rance qu'il nous donne en son Fils. Et, avec ce Fils, laissons-nous &#233;lever jusqu'&#224; notre P&#232;re pour que nous contribuions &#224; l'&#233;l&#233;vation spirituelle de notre monde, et &#224; la joie de grandir dans l'amour de Dieu et dans l'amour fraternel des uns envers les autres. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comme je vous ai aim&#233;s</title>
		<link>http://www.cathedraledegrenoble.com/Comme-je-vous-ai-aimes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;5e dimanche de P&#226;ques (Jn 13,31-33a.34-35) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;vangile selon saint Jean que nous venons d'entendre nous replace au soir du Jeudi Saint. J&#233;sus est le seul qui comprend ce qui se passe quand Judas quitte la table o&#249; les ap&#244;tres f&#234;tent la p&#226;que juive, c'est-&#224;-dire la travers&#233;e de la Mer Rouge pour &#234;tre lib&#233;r&#233; de l'esclavage &#233;gyptien. J&#233;sus, lui, va traverser la mort pour &#234;tre lib&#233;r&#233; de la mort. Et il va nous prendre avec lui dans son passage, dans sa P&#226;que, pour que nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton423-a5c2b.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;5e dimanche de P&#226;ques (Jn 13,31-33a.34-35)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;vangile selon saint Jean que nous venons d'entendre nous replace au soir du Jeudi Saint. J&#233;sus est le seul qui comprend ce qui se passe quand Judas quitte la table o&#249; les ap&#244;tres f&#234;tent la p&#226;que juive, c'est-&#224;-dire la travers&#233;e de la Mer Rouge pour &#234;tre lib&#233;r&#233; de l'esclavage &#233;gyptien. J&#233;sus, lui, va traverser la mort pour &#234;tre lib&#233;r&#233; de la mort. Et il va nous prendre avec lui dans son passage, dans sa P&#226;que, pour que nous aussi, en &#233;tant baptis&#233;s en lui, plong&#233;s en lui, nous soyons d&#233;j&#224; lib&#233;r&#233;s de la mort et de toutes les pulsions de mort qui nous habitent, et qui ont pour nom l'&#233;go&#239;sme, la convoitise, la soif de pouvoir et de puissance, l'agressivit&#233;, la violence, la haine et la division. J&#233;sus voit loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est pas encore accompli parce qu'il n'est pas encore crucifi&#233;. Mais tout est d&#233;j&#224; en route, et va inexorablement aller jusqu'au bout, jusqu'&#224; la mise en croix, jusqu'&#224; la mort, jusqu'au sacrifice de sa vie qui ne va pas se r&#233;volter contre Dieu, mais qui va se remettre entre ses mains en disant &#171; pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font &#187; (Lc 23,34). Et en retour, en r&#233;ponse, la r&#233;surrection va surgir, la vie &#233;ternelle va s'emparer de tout l'&#234;tre humain de J&#233;sus qui va entrer dans la gloire o&#249; il est maintenant, au ciel, en Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui donc, le Seigneur et le ma&#238;tre, qui garde la ma&#238;trise des &#233;v&#233;nements &#8211; &#171; ma vie, nul ne la prend, c'est moi qui la donne &#187; (Jn 10,18) &#8211; malgr&#233; les apparences contraires o&#249; il se laisse traiter comme un condamn&#233; m&#233;pris&#233; de tous, lui qui conna&#238;t la logique profonde de l'amour qui va vaincre la mort, logique profonde que Judas va d&#233;clencher sans le savoir quand il va le livrer, lui, le ma&#238;tre, il sait encore ce qu'il fait quand il nous commande de nous aimer les uns les autres &#224; cause de lui, comme lui, et quand il fait m&#234;me de cet amour fraternel le signe distinctif de ses disciples au milieu du monde, c'est-&#224;-dire le signe distinctif de sa propre r&#233;surrection et de notre propre r&#233;surrection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons tenir, Fr&#232;res et S&#339;urs, que le Christ sait tr&#232;s bien que nous trahirons cet amour fraternel comme Judas lui-m&#234;me l'a trahi, lui que J&#233;sus a pourtant choisi comme ap&#244;tre, tout comme il nous choisit nous aussi pourtant comme ap&#244;tres de son amour. Quand le Christ fait de la charit&#233; fraternelle entre chr&#233;tiens la marque d'identit&#233; de l'&#201;glise au milieu du monde, il voit et il sait parfaitement que les contre-t&#233;moignages donn&#233;s par les chr&#233;tiens eux-m&#234;mes seront cinglants, abondants et scandaleux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J&#233;sus conna&#238;t d&#232;s les commencements quels sont celles et ceux qui le trahiront et qui le renieront, qui seront de ses propres disciples et qui le crucifieront par leurs crimes. Mais la puissance de son amour mis&#233;ricordieux est telle que les forces du mal qui s'infiltreront dans son Eglise ne pr&#233;vaudront pas contre elle, parce que le commandement d'amour fraternel qu'il impose &#224; ses disciples n'est pas issu de leur consensus d&#233;mocratique ou de ce qu'ils peuvent avoir de bont&#233; d'&#226;me et de bienveillance naturelle, mais parce que ce commandement d'amour fraternel vient d'en-haut, parce qu'il transcende m&#234;me nos id&#233;aux de vie commune, parce que ce commandement d'amour, il a &#233;t&#233;, en J&#233;sus, d'avance crucifi&#233;, d&#233;menti, an&#233;anti, et, en m&#234;me temps, inexplicablement relev&#233;, ressuscit&#233;, renouvel&#233; par un Esprit qui n'est pas de ce monde, et qui est plus puissant que tous nos d&#233;sespoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas du monde que nous vient cet ordre &#171; aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aim&#233;s &#187;. Ce n'est pas de nos c&#339;urs qu'il monte comme une aspiration, m&#234;me s'il rejoint nos aspirations et qu'il les sauve, en leur permettant de durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car c'est du ciel que retentit ce commandement d'amour prononc&#233; par le Fils de Dieu la veille de sa Passion. Et c'est parce que la racine de ce commandement d'amour est transcendante que ce commandement lui-m&#234;me subsiste &#224; travers les si&#232;cles, et qu'&#224; travers son haut-parleur qu'est l'&#201;glise il retentit dans les c&#339;urs de nos contemporains, quels que soient les parasitages ou m&#234;me les piratages qui brouillent et qui polluent sa transmission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet amour fraternel et transcendant, il nous rassemble &#171; de toutes races, langues et nations &#187;, comme dit l'Apocalypse (Ap 7,9), au-del&#224; de nos choix politiques, de nos orientations affectives et de nos positionnements id&#233;ologiques, parce que cet amour fraternel, il vient d'au-del&#224; de notre propre mort, et qu'il nous aide &#224; d&#233;passer les entraves &#224; notre communion. Cet amour fraternel et transcendant, il nous situe tous et toutes sur un m&#234;me pied d'&#233;galit&#233; devant la bont&#233; de Dieu, quelles que soient nos places, nos fonctions, nos responsabilit&#233;s dans l'&#201;glise, et quels que soient m&#234;me nos parcours de vie, et les situations contraires &#224; la vie chr&#233;tienne dans lesquelles nous pouvons nous trouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le c&#339;ur ou la fine pointe de notre r&#233;demption ne se joue pas dans des cat&#233;gories ou sur des crit&#232;res bien rep&#233;rables, m&#234;me si les rep&#232;res sont indispensables &#233;videmment. Notre r&#233;demption, notre salut, notre survie d'&#234;tres humains faits pour grandir en libert&#233;, en capacit&#233; d'aimer et de se d&#233;passer dans des ouvertures toujours plus grandes, bref, notre avenir &#233;ternel se joue sur notre accueil de la gr&#226;ce, et sur la f&#233;condit&#233; spirituelle que nous donnons &#224; la gr&#226;ce de Dieu dans toute notre existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'amour fraternel qui nous vient du Christ ressuscit&#233; vainqueur de la mort est justement cet amour spirituel qui nous lib&#232;re de la mort et des pulsions de mort et d'orgueil qui nous traversent, des plus grossi&#232;res aux plus subtiles. Cet amour fraternel qui doit sans cesse composer avec nos m&#233;diocrit&#233;s, nos limites et nos histoires bless&#233;es, il a ceci d'extraordinaire que &#171; le moindre verre d'eau que nous donnerons au plus petit de nos fr&#232;res &#8211; comme le dit l'&#201;vangile &#8211; ne restera pas sans r&#233;compense &#187; (Mt 10,42).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette r&#233;compense, elle est toujours un accroissement de libert&#233; int&#233;rieure, une victoire sur l'&#233;go&#239;sme, une bouff&#233;e d'oxyg&#232;ne qui nous &#233;l&#232;ve au-dessus de nous-m&#234;mes, et qui rend notre vie plus belle. Dit autrement, le bien que nous faisons autour de nous, sous de multiples formes, dans l'&#201;glise et dans le monde, non pas seulement par humanisme et par bon c&#339;ur pour accomplir des bonnes actions, mais parce que le Christ nous dit de le faire pour lui appartenir vraiment, ce bien n'est pas seulement une valeur qui contribue au progr&#232;s de la soci&#233;t&#233; ou &#224; son unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bien que nous faisons en tant que croyants devient un lieu o&#249; nous rencontrons Dieu. Et le milieu privil&#233;gi&#233; o&#249; nous rencontrons Dieu quand nous faisons le bien, ce sont nos familles spirituelles, et pas seulement nos familles charnelles, nos familles spirituelles que sont nos communaut&#233;s, nos paroisses ouvertes &#224; tous, o&#249; le Christ nous &#233;largit le c&#339;ur, en nous confrontant les uns aux autres, tout en nous demandant de nous aimer les uns les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une exp&#233;rience qui peut &#234;tre crucifiante, mais qui est lib&#233;ratrice, et qui sauve le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, Fr&#232;res et S&#339;urs, demandons &#224; Dieu la gr&#226;ce de ne pas venir &#224; la messe uniquement pour nous tourner vers lui, mais pour ob&#233;ir &#224; son commandement de nous tourner les uns vers les autres. C'est ce que nous allons faire, en particulier, au moment du geste de paix. Quand ce geste habituel vient vraiment du c&#339;ur, il est un signe de Dieu pour notre monde, et il lui apporte la paix, pour son salut, et pour sa vie. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La joie de Pierre pardonn&#233;</title>
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		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



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&lt;p&gt;3e dimanche de P&#226;ques &#8211; C (Jn 21,1-19) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re lecture d'aujourd'hui, tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, nous raconte que Pierre et Jean sont fouett&#233;s parce qu'ils annoncent dans tout J&#233;rusalem que J&#233;sus a &#233;t&#233; ressuscit&#233; par Dieu, alors que les Grands-Pr&#234;tres l'ont fait mettre &#224; mort par les romains. En parlant comme ils le font, les ap&#244;tres s'opposent frontalement aux autorit&#233;s religieuses qui, en retour, vont les faire flageller pour les r&#233;duire au silence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or que se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.cathedraledegrenoble.com/-2022-" rel="directory"&gt;2022&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton419-f3032.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;3e dimanche de P&#226;ques &#8211; C (Jn 21,1-19)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re lecture d'aujourd'hui, tir&#233;e des Actes des Ap&#244;tres, nous raconte que Pierre et Jean sont fouett&#233;s parce qu'ils annoncent dans tout J&#233;rusalem que J&#233;sus a &#233;t&#233; ressuscit&#233; par Dieu, alors que les Grands-Pr&#234;tres l'ont fait mettre &#224; mort par les romains. En parlant comme ils le font, les ap&#244;tres s'opposent frontalement aux autorit&#233;s religieuses qui, en retour, vont les faire flageller pour les r&#233;duire au silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or que se passe-t-il ? Devant ce refus et ce rejet de l'&#201;vangile, Pierre et Jean ne se laissent pas abattre. Au contraire, nous dit saint Luc dans les Actes, ils sont tout joyeux d'&#234;tre jug&#233;s dignes de souffrir pour le nom de J&#233;sus. Pourquoi cette joie &#233;tonnante Fr&#232;res et S&#339;urs ? Pourquoi cette all&#233;gresse des ap&#244;tres qui n'a rien de la gait&#233; des gens tranquilles sans probl&#232;mes et sans conflits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que, pour faire bref, le fait de souffrir pour J&#233;sus les rapproche de J&#233;sus. Souffrir pour le Christ qui a souffert pour eux les unit au Christ plus intimement que n'importe quelle satisfaction qu'ils tireraient de leur titre d'ap&#244;tre. Et leur joie vient de cette union intime avec le Christ, parce que la joie vient toujours de l'union intime avec l'&#234;tre aim&#233;, parce que la joie chr&#233;tienne est dans la relation avec le Christ, relation d'amour et de v&#233;rit&#233;, de justice et de paix, y compris comme ici, dans les &#233;preuves et les contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette joie chr&#233;tienne peut s'&#233;clipser. Elle peut dispara&#238;tre, si nous renions le Christ, si nous lui sommes infid&#232;les. Mais elle peut aussi revenir et rena&#238;tre de ses cendres, si nous accueillons le pardon du Christ qui, lui, ne nous reniera jamais, parce qu'il nous sera toujours fid&#232;le. C'est ce qui se passe avec saint Pierre dans l'&#233;vangile que nous venons d'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ap&#244;tre Pierre &#8211; vous le savez &#8211; a d&#233;failli pendant la nuit de la Passion. Par trois fois il a reni&#233; le Christ parce que l'&#233;preuve &#233;tait trop dure, alors que, pourtant, il aime J&#233;sus. Mais il est faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand par trois fois, ce matin, le Seigneur lui demande &#171; Est-ce que tu m'aimes ? &#187;, Pierre est afflig&#233;, parce qu'il se souvient de son triple reniement. Il est conscient de son infid&#233;lit&#233;. Certainement qu'il la regrette. Mais J&#233;sus ne l'accuse pas. Il prend une autre voie. Il lui fait redire son amour ouvertement, &#224; nouveaux frais, pour le faire revenir dans la relation avec lui, et pardonner son p&#233;ch&#233;. Vous le voyez, Fr&#232;res et S&#339;urs, l'&#201;glise est fond&#233;e sur un p&#233;ch&#233; pardonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela, Pierre ne pouvait pas le concevoir quand il &#233;tait encore loin de la Passion, et que J&#233;sus lui promettait de b&#226;tir sur lui son &#201;glise. Et quand il se disait pr&#234;t &#224; mourir pour le Fils de Dieu, il n'imaginait pas qu'une nuit &#224; J&#233;rusalem il en viendrait &#224; tout abjurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au bord du lac de Galil&#233;e ce matin, quand le Seigneur pardonne &#224; Pierre sa d&#233;faillance grave, il ne lui fait plus simplement une promesse. Il lui donne une mission, &#224; l'imp&#233;ratif : &#171; sois le pasteur de mes brebis &#187;, avec la force de l'injonction qui fait sentir la puissance du ressuscit&#233; d&#233;sormais vainqueur de tout mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'ap&#244;tre Pierre, comme pour nous, Fr&#232;res et S&#339;urs, le pardon de Dieu ne nous fait pas reprendre les choses comme avant, comme aux premiers jours, dans les m&#234;mes cadres ou dans les m&#234;mes structures. Le pardon de Dieu, quand on le vit en profondeur, nous introduit dans une existence nouvelle o&#249; nous ne nous appartenons plus de la m&#234;me mani&#232;re, o&#249; nous ne sommes plus centr&#233;s sur nous-m&#234;mes comme nous avons pu l'&#234;tre, et o&#249; nous progressons dans un v&#233;ritable abandon de nous-m&#234;me &#224; l'amour mis&#233;ricordieux du Christ qui est chemin, v&#233;rit&#233;, vie. Et la joie chr&#233;tienne, c'est de se laisser sans cesse renouveler par cet abandon du c&#339;ur &#224; cet amour spirituel qui peut faire de nous, si nous le voulons, des hommes et des femmes d'unit&#233; : &#171; sois le berger de mes brebis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette unit&#233; a un prix d'autant plus &#233;lev&#233; qu'elle est plus large, et qu'elle rassemble des individus de toutes conditions et de tous horizons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Pierre d&#233;couvrira plus tard et que J&#233;sus lui dit de mani&#232;re voil&#233;e : &#171; un autre t'emm&#232;nera o&#249; tu ne voudrais pas aller &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; Rome, dans le cirque du Vatican pour y mourir martyr comme tant d'autres chr&#233;tiens. Ce martyr de Pierre, il commence par le fouet &#224; J&#233;rusalem. Et les Actes des Ap&#244;tres nous disent la joie de Pierre d'&#234;tre ainsi rapproch&#233; dans sa chair de J&#233;sus lui-m&#234;me qui a souffert la flagellation avant d'&#234;tre crucifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ne nous y trompons pas, Fr&#232;res et S&#339;urs. Ce n'est pas la souffrance qui donne la joie. C'est l'amour. Ce n'est pas la souffrance du Christ qu'il faut rechercher. C'est la relation d'amour avec lui, qu'on soit dans le bonheur ou dans le malheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comprenons que la puissance du Christ, le Sauveur du Monde, c'est de faire qu'au c&#339;ur de tout malheur, de toute souffrance l'&#234;tre humain puisse continuer d'aimer, sans se laisser envahir et d&#233;truire par la haine et la vengeance contre celles et ceux qui le font souffrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La puissance du Messie crucifi&#233;, c'est d'apporter, par la pri&#232;re et par les secours fraternels, sa pr&#233;sence et son amour &#224; ceux qui n'en peuvent plus, et qui sont ext&#233;nu&#233;s par la maladie, les catastrophes naturelles et les violences humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la joie, celle qu'on ne ressent pas forc&#233;ment tout de suite, et qu'on ne comprend qu'apr&#232;s, c'est la joie de rester dans cette pr&#233;sence et dans cet amour inexprimables de celui qui nous a aim&#233;s, comme le dit saint Paul, et qui s'est livr&#233; pour nous (Ga 2,20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos fr&#232;res chr&#233;tiens d'Irak et du Proche-Orient, d'Afrique et d'Ukraine qui sont pers&#233;cut&#233;s ou massacr&#233;s n'ont pas vu J&#233;sus mis &#224; mort puis vivant ressuscit&#233; comme l'ont vu les ap&#244;tres. Et leur joie chr&#233;tienne ne peut pas &#234;tre imm&#233;diate comme celle de Pierre et de Jean ce matin. Ces victimes d'aujourd'hui ressemblent davantage aux premiers martyrs qui, par milliers, ont subi des atrocit&#233;s en &#233;tant agress&#233;s par la Rome imp&#233;riale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ont le m&#234;me Seigneur qui les prend avec lui dans leur calvaire, comme il nous prend avec lui dans les n&#244;tres, qui leur pardonne les reniements dans les horreurs qu'ils endurent, comme il pardonne aussi les n&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin encore, le Seigneur nous fait la joie de nous prendre aupr&#232;s de lui par sa b&#233;n&#233;diction ou par ses sacrements, quels que soient les moments que nous traversons dans notre existence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il nous a rendus f&#233;conds cette ann&#233;e encore par les nouveaux baptis&#233;s qu'il nous a donn&#233;s &#224; P&#226;ques. Et il a particuli&#232;rement b&#233;ni celles et ceux qui se sont investis dans les c&#233;l&#233;brations pascales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec les chr&#233;tiens du monde entier, ceux qui pleurent et ceux qui chantent, il nous demande par-dessus tout, &#224; chacun et &#224; chacune d'entre nous : &#171; m'aimes-tu vraiment ? &#187;, pour que nous ayons la joie immense de pouvoir lui r&#233;pondre humblement dans notre c&#339;ur &#171; oui, Seigneur, tu sais bien que je t'aime &#187;, et pour pouvoir le suivre et le faire aimer, afin que, par nous, il apporte au monde la R&#233;surrection et la Vie. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La joie de la r&#233;conciliation</title>
		<link>http://www.cathedraledegrenoble.com/La-joie-de-la-reconciliation</link>
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		<dc:date>2022-03-28T18:31:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>le P&#232;re Patrick Faure</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;4e dim Car&#234;me C &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
voil&#224; donc les enfants qui vont faire leur premi&#232;re communion tout &#224; l'heure. Ils viennent de nous expliquer que cette parabole c&#233;l&#232;bre dite &#171; du fils prodigue &#187; nous fait penser au bapt&#234;me parce que le bapt&#234;me fait de nous des enfants de Dieu, et que nous appelons Dieu &#171; Notre P&#232;re &#187;. Cette parabole nous fait aussi penser &#224; la confession et au sacrement du pardon et de la r&#233;conciliation, parce que, dans ce sacrement, nous revenons &#224; Dieu et &#224; nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://www.cathedraledegrenoble.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton416-e91a6.jpg?1761064383' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;4e dim Car&#234;me C&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;voil&#224; donc les enfants qui vont faire leur premi&#232;re communion tout &#224; l'heure. Ils viennent de nous expliquer que cette parabole c&#233;l&#232;bre dite &#171; du fils prodigue &#187; nous fait penser au bapt&#234;me parce que le bapt&#234;me fait de nous des enfants de Dieu, et que nous appelons Dieu &#171; Notre P&#232;re &#187;. Cette parabole nous fait aussi penser &#224; la confession et au sacrement du pardon et de la r&#233;conciliation, parce que, dans ce sacrement, nous revenons &#224; Dieu et &#224; nos fr&#232;res, tout comme le fils prodigue revient vers son p&#232;re et vers son fr&#232;re. Et cette parabole, elle nous fait &#233;galement penser &#224; l'Eucharistie parce que, dans l'Eucharistie, nous c&#233;l&#233;brons l'amour du P&#232;re qui rassemble dans sa maison-&#233;glise tous ses enfants, les plus jeunes et les plus anciens, les fils prodigues et les fils a&#238;n&#233;s, pour les faire communier &#224; sa vie divine. Et nous savons aujourd'hui que Dieu nous fait communier &#224; sa vie divine en nous donnant J&#233;sus, le Fils unique, en qui tous les fils ne font qu'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette parabole de l'&#233;vangile, nous l'appelons la parabole &#171; du fils prodigue &#187; parce que nous pensons que ce jeune fils qui est un peu l'enfant terrible de la famille est, en r&#233;alit&#233;, le personnage central du r&#233;cit. C'est lui qui demande &#224; toucher son h&#233;ritage avant que son p&#232;re meure, et qui dilapide enti&#232;rement cet h&#233;ritage par ses d&#233;penses excessives. C'est cela &#234;tre &#171; prodigue &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut aussi estimer par ailleurs, et &#224; juste titre, que le personnage central de cette parabole, c'est le p&#232;re, et qu'&#224; travers lui le Christ J&#233;sus nous r&#233;v&#232;le que Dieu est mis&#233;ricordieux parce qu'il pardonne aux hommes toutes leurs fautes, et qu'il est toujours pr&#234;t &#224; les accueillir, s'ils veulent bien revenir &#224; lui, c'est-&#224;-dire se convertir. Cette image de Dieu ne va pas de soi, car elle est concurrenc&#233;e par les &#233;pisodes o&#249; Dieu se met en col&#232;re et punit les p&#233;cheurs. Il faut saint Paul dans la deuxi&#232;me lecture que nous venons d'entendre pour nous dire que, dans le Christ qui prend sur lui tous les crimes et tous les p&#233;ch&#233;s, Dieu se r&#233;concilie le monde et le renouvelle par son amour. Il faut une sainte Th&#233;r&#232;se de Lisieux, sainte Th&#233;r&#232;se de l'Enfant J&#233;sus, pour faire que les mentalit&#233;s du XIXe si&#232;cle, marqu&#233;es par un Dieu s&#233;v&#232;re et justicier, se transforment et abordent le XXe si&#232;cle en voyant en lui un amour mis&#233;ricordieux aussi fort qu'audacieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on peut estimer finalement, et encore &#224; juste titre, que le personnage central de la parabole, c'est le fils a&#238;n&#233;, puisque c'est lui qui repr&#233;sente les scribes et les pharisiens pour lesquels J&#233;sus &#233;labore toute cette petite histoire, ce fils a&#238;n&#233; qui incarne ceux qui n'ont jamais quitt&#233; le P&#232;re, mais ce fils a&#238;n&#233; qui est le plus malheureux dans ce scenario o&#249; tous les autres se r&#233;jouissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, disons, en un mot, que tous les personnages sont importants, et qu'il faut les prendre tous ensemble, dans leurs relations mutuelles, comme l'a bien expliqu&#233; le pape Beno&#238;t XVI. Car les deux fils, l'a&#238;n&#233; autant que le cadet, ont tous les deux une relation immature avec leur p&#232;re, tous comme nous-m&#234;mes nous pouvons avoir une relation encore immature avec Dieu, que nous soyons des chr&#233;tiens fid&#232;les de longue date ou bien des croyants revenus r&#233;cemment &#224; la foi. Dans tous les cas, Dieu le P&#232;re patiente, accueille, pardonne, mais aussi &#233;tonne au point m&#234;me d'irriter ceux qui croyaient le conna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeune fils, le fils prodigue, c'est l'homme, ou m&#234;me la civilisation, qui est, dans sa relation avec Dieu, comme un enfant dans sa relation avec ses parents : d'abord, dans la petite enfance, une d&#233;pendance totale o&#249; Dieu est pr&#233;sent partout, dans tous les besoins, tous les probl&#232;mes et toutes les solutions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis vient la crise d'adolescence o&#249; cet homme, cette civilisation, s'affranchit du p&#232;re et de ses lois, ses r&#232;gles, ses commandements, ses cadres, et veut s'&#233;manciper en se lib&#233;rant, et en partant ailleurs, pour mener sa vie en toute ind&#233;pendance, mais en vivant n&#233;anmoins un certain temps gr&#226;ce aux ressources h&#233;rit&#233;es du p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos contemporains ressemblent assez souvent &#224; ce jeune fils qui n'est pas encore arriv&#233; &#224; maturit&#233; dans sa relation avec le p&#232;re qui est l'image de Dieu. Nos contemporains ont beau afficher un rejet de la religion institutionnelle, et pratiquer une sorte d'ath&#233;isme mondain qui consid&#232;re la foi comme un archa&#239;sme de la culture ou de la pens&#233;e, ils n'en ont pas moins re&#231;u ou h&#233;rit&#233; de l'&#201;glise des biens nombreux dont ils sont &#224; peine conscients, mais dont ils vivent confus&#233;ment pour quelques temps encore. Ces biens nombreux, cet h&#233;ritage chr&#233;tien, c'est, par exemple, l'existence m&#234;me des h&#244;pitaux. C'est la compassion pour les malheureux, la dignit&#233; inali&#233;nable de la personne humaine, l'&#233;galit&#233; dans la diversit&#233; des cultures, la justice et la libert&#233; face aux syst&#232;mes englobants, et tant d'autres tr&#233;sors qu'il serait long d'&#233;num&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers ce ph&#233;nom&#232;ne de rejet, ce fils prodigue, cet homme, cette civilisation, cherche, en r&#233;alit&#233;, l'absolu, la vraie vie et ce qui lui semble &#234;tre la vraie libert&#233;. Mais l'&#233;vangile d'aujourd'hui nous dit que les ressources ne sont pas illimit&#233;es, qu'un jour le gaspillage des biens conduit &#224; la p&#233;nurie, et qu'&#224; la faveur de certaines privations et de certains manques, on rentre en soi-m&#234;me et on reconsid&#232;re l'&#233;go&#239;sme et l'app&#233;tit de jouissance dans lesquels on a v&#233;cu en fils prodigue, sans pr&#234;ter la moindre attention au bien commun des autres autour de soi, individus ou collectivit&#233;s ou nations. Et l'on r&#233;vise alors ses positions, en se disant que l'avenir est dans un retour au partage et &#224; l'amour gratuit qui sont faits de mesure et de sobri&#233;t&#233; passablement contraignantes mais r&#233;ellement lib&#233;rantes, et qui appellent surtout, et fondamentalement, &#224; une conversion spirituelle qui remet le respect de la vie et l'intelligence du c&#339;ur au centre des pr&#233;occupations, toutes choses dont le p&#232;re est la figure et l'embl&#232;me. Si la phase d'ath&#233;isme pratique n'a pas &#233;t&#233; trop radicale, cette conversion spirituelle peut faire revenir &#224; Dieu, et faire d&#233;couvrir &#224; nouveaux frais, dans une relation enfin m&#251;re et adulte, son in&#233;puisable splendeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au fils a&#238;n&#233; qui r&#234;vait lui aussi de moments de libert&#233; avec ses amis, mais qui craignait le moindre &#233;cart, et qui ne demandait jamais rien, il est rest&#233; aupr&#232;s du p&#232;re sans vraiment le conna&#238;tre puisqu'il est choqu&#233; par sa mis&#233;ricorde. Ce fils a&#238;n&#233;, ce sont les scribes et les pharisiens qui vont refuser, au nom de la Loi, que J&#233;sus de Nazareth soit le Fils de Dieu, et que, par lui, les r&#233;prouv&#233;s r&#233;int&#232;grent la saintet&#233; d'Isra&#235;l. Ce fils a&#238;n&#233;, ce sont des chr&#233;tiens de longue date qui n'ont pas appris de Dieu la joie de pratiquer la mis&#233;ricorde et d'accueillir durablement les p&#233;cheurs convertis. Ce fils a&#238;n&#233;, ce sont les mentalit&#233;s rigides ou fondamentalistes, sous tous les cieux et dans tous les milieux, qui n'ont pas encore compris que l'Amour Mis&#233;ricordieux et la p&#233;dagogie de la gr&#226;ce ne s'appuient pas d'abord sur l'ordre &#233;tabli et sur le sentiment de culpabilit&#233; quand on y contrevient, mais s'appuient avant tout sur nos capacit&#233;s &#224; faire le bien pour arriver progressivement &#224; ob&#233;ir &#224; toutes les lois de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cet amour Mis&#233;ricordieux et cette gr&#226;ce que nous recevons dans la vie de l'&#201;glise et dans l'Eucharistie. C'est cet amour en personne qui s'appelle J&#233;sus que les enfants vont maintenant recevoir pour la premi&#232;re fois de leur vie. Alors, Fr&#232;res et S&#339;urs, quels que soient les chemins qui nous ont conduits jusqu'ici ce matin, demandons &#224; Dieu Notre P&#232;re du ciel pour les enfants, pour nous-m&#234;mes et pour le monde, le don de sa lumi&#232;re et de sa paix qui nous aideront &#224; apporter le salut &#224; notre terre. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cultiver l'amour</title>
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&lt;p&gt;3e dimanche de Car&#234;me C &#8211; (Lc 13,1-9) &lt;br class='autobr' /&gt; Fr&#232;res et S&#339;urs, &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il s'agisse de la guerre en Ukraine ou de la guerre en Alg&#233;rie dont nous comm&#233;morons aujourd'hui le cessez-le-feu apr&#232;s les accords d'&#201;vian, ou qu'il s'agisse de tremblements de terre, d'effondrements d'immeubles, de catastrophes naturelles ou d'accidents en tout genre, tout aussi tragiques et destructeurs que la violence humaine, dans tous les cas les victimes de ces drames sont, dans leur immense majorit&#233;, innocentes, non (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;3e dimanche de Car&#234;me C &#8211; (Lc 13,1-9)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fr&#232;res et S&#339;urs,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'il s'agisse de la guerre en Ukraine ou de la guerre en Alg&#233;rie dont nous comm&#233;morons aujourd'hui le cessez-le-feu apr&#232;s les accords d'&#201;vian, ou qu'il s'agisse de tremblements de terre, d'effondrements d'immeubles, de catastrophes naturelles ou d'accidents en tout genre, tout aussi tragiques et destructeurs que la violence humaine, dans tous les cas les victimes de ces drames sont, dans leur immense majorit&#233;, innocentes, non coupables, de ce qui leur arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu tous ces gar&#231;ons fauch&#233;s en pleine jeunesse en Afrique du nord il y a 60 ans, et encore aujourd'hui, en Europe de l'Est, chez les ukrainiens comme aussi chez les russes. Et il y a maintenant ces famines qui ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; cause des conflits, &#224; cause du d&#233;r&#232;glement climatique et de la pand&#233;mie, et qui vont encore s'aggraver dans les pays pr&#233;caires, et faire un nombre de mort consid&#233;rable que nos m&#233;dias vont bient&#244;t r&#233;v&#233;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; toute cette souffrance innocente et &#224; tous ces ravages, nous nous scandalisons, en tant qu'&#234;tres humains et en tant que croyants. Et nous cherchons les causes ou les explications du mal, soit, malgr&#233; tout, du c&#244;t&#233; des victimes qui auraient peut-&#234;tre pu faire en sorte de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment, soit du c&#244;t&#233; de Dieu qui punirait les hommes de leurs fautes, d'une mani&#232;re ou d'une autre, directement ou indirectement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si cette explication du mal ne nous suffit pas, nous pouvons aller encore plus loin et remettre en cause l'existence-m&#234;me de Dieu, parce que nous pensons plus ou moins clairement que s'il n'est pas l&#224; pour que tout aille bien, alors il ne sert &#224; rien, ou encore, ce qui revient au m&#234;me, que s'il n'est pas l&#224; quand nous avons besoin de lui, on ne voit pas pourquoi on croirait en lui, puisqu'il est &#233;vident que tout ce qui existe doit &#234;tre l&#224; pour assurer notre subsistance, et r&#233;pondre &#224; nos d&#233;sirs les plus l&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disons d'abord que, dans l'&#233;vangile que nous venons d'entendre, le Christ &#233;carte l'id&#233;e du Dieu gendarme qui sanctionne et qui punit : non, ce n'est pas &#224; cause de leurs fautes que des galil&#233;ens ont &#233;t&#233; massacr&#233;s par Pilate ou que des habitants du quartier de Silo&#233;, &#224; J&#233;rusalem-est, ont &#233;t&#233; tu&#233;s par l'&#233;croulement d'une tour. Les uns comme les autres n'&#233;taient pas plus p&#233;cheurs que leurs contemporains. Autrement dit, la question n'est pas l&#224;. Il ne s'agit pas de chercher &#171; &#224; qui la faute &#187;. Et si le Christ &#233;voque leur mort brutale, ce n'est pas pour prendre position dans le d&#233;bat sur l'origine du mal auquel on pense imm&#233;diatement. Son intention vise autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, et pour ceux qui voudraient aller plus loin et remettre en cause l'existence de Dieu &#224; cause du mal et de la souffrance, rappelons-nous que, dans le reste de l'&#201;vangile, &#224; c&#244;t&#233; des nombreux miracles de gu&#233;rison qu'il a op&#233;r&#233;s, le Christ a proclam&#233; aussi les B&#233;atitudes pour ceux qui sont et qui restent pauvres et pers&#233;cut&#233;s, avant de se laisser lui-m&#234;me crucifier &#224; mort, tout cela pour &#233;pouser jusqu'au bout toutes nos douleurs, et pour les remplir de son amour qui transfigure tout. La Passion du Christ &#224; J&#233;rusalem &#233;carte l'id&#233;e du dieu qui serait &#233;tranger au mal et &#224; la souffrance, et qui devrait &#234;tre avant tout une sorte d'assurance-vie pour garantir notre existence, alors qu'il est avant tout un amour qui prend toute notre vie, pour habiter tout notre c&#339;ur et m&#234;me toute notre mort, et pour tout transformer en lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;vangile que nous venons d'entendre nous fait comprendre que Dieu n'est pas un p&#232;re fouettard irascible et sourcilleux. Et le reste de l'&#201;vangile, surtout &#224; J&#233;rusalem, nous fait comprendre que Dieu n'est pas non plus un sauveteur ou un secouriste qui sauve nos vies pour nous remettre &#224; nos affaires quotidiennes, et laisser chacun d'entre nous sur son quant-&#224;-soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le Christ r&#233;pond &#224; ceux qui l'interrogent : &#171; ils ne sont pas plus p&#233;cheurs que les autres &#187;, son intention n'est donc pas de trancher le d&#233;bat sur l'origine du mal, ni sur la fa&#231;on dont il faut se repr&#233;senter Dieu par rapport aux hommes. Non, son intention est ailleurs. Ce qu'il vise, c'est plut&#244;t notre fragilit&#233; radicale, notre vuln&#233;rabilit&#233; face aux &#233;v&#233;nements de la vie, que nous soyons de grands p&#233;cheurs ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que le Christ veut nous dire, c'est qu'&#224; tout moment nous pouvons p&#233;rir sous des bombes ou des glissements de terrain, dans des attentats terroristes ou dans des accidents de la route, dans des crimes de guerre ou dans des maladies, en n'y &#233;tant &#224; chaque fois pour rien ou presque, et innocents de ce qui nous arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand il ajoute : &#171; si vous ne vous convertissez pas, vous p&#233;rirez tous de m&#234;me &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; vous mourrez tous comme eux &#187;, cela ne veut pas dire que vous p&#233;rirez tous comme eux de mort violente ou brutale. Cela veut dire que vous p&#233;rirez tous comme eux, en &#233;tant surpris par la mort parce que vous aurez &#233;t&#233; des p&#233;cheurs ordinaires qui n'auront pas travaill&#233; &#224; leur conversion et &#224; la rencontre avec Dieu. Vous para&#238;trez devant Dieu sans vous y &#234;tre pr&#233;par&#233;s. Vous serez dans la lumi&#232;re de son amour, et, &#224; cette lumi&#232;re, vous verrez tout d'un coup et vous jugerez toute votre vie en fonction de l'amour, et de la fa&#231;on dont vous aurez cultiv&#233;, ouvert et fait grandir l'amour dans votre c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Seigneur nous pr&#233;vient : &#171; ne vous imaginez pas que tous vos syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; vous prot&#232;gent et vous immunisent contre ce que la mort aura d'impr&#233;vu si vous ne vous y pr&#233;parez pas &#187;. Et vous convertir ne veut pas dire vivre dans la peur de la mort, ou dans une sorte de terreur psychologique permanente. Non. Vous convertir veut dire vivre chaque instant de votre vie dans un amour toujours plus grand de Dieu, de vos fr&#232;res et de votre environnement, pour que, dans cet amour spirituel, premier, fondamental et universel, m&#234;me la mort m&#234;me subite ne soit plus subitement la fin de tout, ni le mal absolu, mais soit le passage vers l'amour &#233;ternel que vous aurez plus ou moins consciemment voulu et cultiv&#233; &#224; chaque instant de votre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; la parabole du figuier st&#233;rile, ce figuier qui repr&#233;sente nos vies de p&#233;cheurs ordinaires, nos vies spirituelles pas sp&#233;cialement f&#233;condes, et dont nous sommes les ma&#238;tres assez souvent d&#233;&#231;us : &#171; &#224; quoi bon nous &#233;puiser &#224; prier Dieu, et &#224; pratiquer notre foi, si cela ne change rien &#224; notre vie &#187;. Et Dieu, le bon vigneron, b&#232;che et pioche en travaillant nos c&#339;urs, et en les f&#233;condant patiemment par la ros&#233;e de son Esprit-Saint, pour qu'un jour enfin nous portions de bons fruits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le Dieu de l'Exode qui accompagne son peuple au d&#233;sert pendant 40 ans jour apr&#232;s jour, sous la conduite de Mo&#239;se, depuis le buisson ardent o&#249; il est apparu, dans la premi&#232;re lecture que nous avons entendue. C'est le Dieu qui d&#233;livre de l'&#201;gypte et de ses idoles de toute-puissance pharaonique obs&#233;d&#233;es par le profit et par la rentabilit&#233;., C'est le Dieu qui se fait homme en J&#233;sus, le prince de la paix, que nous implorons pour la pacification des m&#233;moires entre la France et l'Alg&#233;rie, et pour le cessez-le-feu en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les cat&#233;chum&#232;nes qui se pr&#233;parent au bapt&#234;me, demandons &#224; Dieu la gr&#226;ce de travailler &#224; la conversion de nos c&#339;urs, &#224; la gu&#233;rison de notre pass&#233; individuel et collectif, et au soutien de nos fr&#232;res &#233;prouv&#233;s, pour que nous soyons pour notre monde et nos communaut&#233;s de v&#233;ritables instruments de paix. Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P&#232;re Patrick Faure&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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