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Homélie prononcée le 19 avril 2026
Deux disciples marchent, Cléophas et un autre, anonyme, c’est à dire qu’il pourrait être chacun d’entre nous. Ils marchent pensifs et la tête pleine des événements qu’ils viennent de vivre ces derniers jours. Ils discutent en essayant de comprendre ce qui vient de se passer, mais ils ne savent pas bien quel sens donner à ce dont ils ont été témoins. Ils se rappellent certainement les enseignements de Jésus qu’ils ont côtoyé avant sa mort, mais la lumière ne vient pas. Ils sont accablés : ils ne comprennent pas.
Et voilà qu’ils sont rejoints par un autre marcheur. Les deux disciples l’invitent à marcher avec eux et la conversation s’engage. Les deux disciples lui racontent leur désillusion et leur tristesse : ils avaient mis leur confiance et leur espérance en celui qui est mort sur une croix comme un malpropre le vendredi précédent. Je ne sais pas combien de temps a duré le trajet mais ce marcheur qui les a rejoints, a longuement écouté les disciples désabusés, tristes.
Alors qu’il marche à leur côté les disciples évoquent la mort de Jésus. Comment Jésus n’est-il pas intervenu aussitôt en leur disant. « Vous me croyez mort, mais regardez, je suis là ! » Non, il écoute. Les disciples ont tort, mais Jésus écoute, sans les interrompre. Quelle leçon pour moi et peut-être pour certains d’entre nous qui souvent voulons nous justifier ou couper la parole dès que nous ne sommes pas d’accord. « Je ne peux pas laisser dire une chose pareille ! » protestons nous ! Mais Jésus laisse dire, pour qu’ils puissent être entendu, compris, considérés, accueillis.
Au fur et à mesure qu’ils marchent, qu’ils parlent, qu’ils écoutent cet étranger, le cœur des 2 disciples est comme saisi…Il se passe quelque chose…Pourtant, celui qui marche avec eux finit par les apostropher sans ménagement : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit ! Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » Par le retour aux Écritures, à la Parole de Dieu, ce compagnon de marche donne sens à ce qu’ils ont vécu. « Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture ce qui le concernait ». Dans cette écoute de la Parole de Dieu guidée par Jésus lui-même, l’Esprit leur fait comprendre ce qui est arrivé. Ils entrent dans la compréhension du dessein de Dieu pour son peuple, dans le mystère de l’Alliance de Dieu avec l’humanité. Ils sont fascinés et leurs esprits s’éclairent… l’Esprit Saint est à l’œuvre. Ils vivent à leur manière une Pentecôte comme celle dont il est question dans la première lecture.
Et puis, lorsqu’il est l’heure de prendre le repas du soir, Cléophas et l’autre disciple invitent leur compagnon de marche à casser la croûte avec eux. Et là tout se dévoile. Lorsque sont reproduits les gestes que Jésus a légués à ses disciples - la fraction du pain - ils perçoivent dans leur foi que c’est le Christ qui est avec eux. Alors leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. Ils ne seront plus les mêmes : ils ont rencontré le Seigneur ressuscité.
Même si leur hôte disparait à leurs regards, dans la fraction du pain, s’est créée une relation de personne à personne, une rencontre inexprimable, mais bien réelle. L’absence physique demeure bien sûr, mais elle n’empêche pas une présence autre, mais une présence authentique. C’est ce dont ils vont témoigner aux autres disciples sur le champ.
Luc ne dit pas d’ailleurs s’ils ont payé l’aubergiste, ni combien de temps ils ont mis pour retourner à Jérusalem. La rencontre qu’ils viennent de faire leur a donné « des ailes » pour aller partager avec les autres disciples réunis à Jérusalem : « Ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain ». Privés de la présence physique de Jésus, ils l’ont reconnu bien vivant dans les gestes de la fraction du pain.
Dans notre cheminement spirituel nous sommes invités, comme les disciples d’Emmaüs, à rompre le pain avec Jésus. À chaque messe, à chaque célébration de l’eucharistie, une rencontre particulière avec lui nous est proposée.
Comme les disciples d’Emmaüs, nous apportons nos préoccupations, notre vie avec ses hauts et ses bas. Nous nous laissons enseigner par la Parole de Dieu qui est proclamée par les lectures, l’évangile et l’homélie. Puis nous refaisons les gestes du dernier repas de Jésus où dans la foi il se révèle toujours vivant pour nous et pour le monde entier. Alors, comme les disciples d’Emmaüs, nos yeux s’ouvrent... c’est la rencontre...
Frères et sœurs, soyons sûrs que Jésus est toujours là sur notre chemin, qu’il nous attend, qu’il veut s’asseoir et manger avec nous comme il l’a fait avec les deux disciples d’Emmaüs.
Marcher, écouter, célébrer. Si nous prenons la peine de suivre le cheminement des disciples d’Emmaüs, nous serons poussés à dire, nous aussi, « Reste avec nous Seigneur ». Cette prière nous pouvons la faire et la refaire avec confiance, car Celui que Dieu a désigné, dès avant la fondation du monde, comme le dit la seconde lecture, est ressuscité d’entre les morts et Dieu lui a donné la gloire qu’il désire partager avec ses frères et sœurs pour qui il a donné sa vie.
Oui ! Reste avec nous Seigneur !
Tu nous accompagnes sur nos chemins.
Nos vies et nos projets t’appartiennent.
Tu les illumines et les éclaires de ta présence.
Nous savons que nous pouvons toujours compter sur toi.
Merci Seigneur !
Reste avec nous, Seigneur !
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