Qui peut être sauvé ?

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Homélie prononcée le 23 août 2025

Un anonyme demande à Jésus s’il y aura peu de gens qui seront sauvés.
C’est une question qui a hanté bien des croyants au cours des siècles. À certaines périodes, cette question était tellement présente qu’elle a provoqué de terribles angoisses. C’est, vous le savez, la préoccupation du salut qui a conduit le moine Luther dans une recherche exigeante sur cette question qui le taraudait face aux réponses peu évangéliques proposées par l’Église à ce moment-là de l’histoire.
Aujourd’hui, le salut n’est plus une question que se posent beaucoup de nos contemporains. Le mot salut est étranger à la majorité des habitants de nos sociétés occidentales. Et quand la question se pose, à l’occasion de la mort d’un proche par exemple, alors on voudrait un salut au rabais, un salut pour tous, peu importe notre itinéraire de vie…Combien de fois ai-je entendu quand je préparais des funérailles des paroles de proches disant en substance : Dieu est bon, il comprend : peu importe ce que l’on fait de sa vie ; ce ne sont que des pécadilles à ses yeux !
Mais revenons à la question posée à Jésus et à sa réponse. La question posée semble bien claire, mais en fait, posée comme elle l’est, elle est piégée. Jésus dans sa réponse déplace l’attention du « combien » au « comment ». A une logique comptable, Jésus répond par une logique d’engagement personnel. Il n y a pas des quotas avec Dieu. Etre sauvé ne relève pas d’un privilège. La question du nombre de sauvés n’est pas la bonne question pour Jésus. La bonne question, c’est « moi, qu’est-ce que je fais pour être sauvé, c’est-à-dire pour vivre avec et en Dieu ». Comment je m’y prends ? Et Jésus continue en disant que la porte est ouverte aujourd’hui, mais qu’un jour elle sera fermée, Ce qui est important donc c’est d’entrer maintenant dans le salut proposé par Jésus. « Efforcez-vous d’entrer maintenant par la porte étroite…beaucoup chercheront, plus tard à entrer et ne pourront pas, car le maître aura fermé la porte. »
Voilà le message de Jésus aujourd’hui : il est urgent d’accueillir Dieu dans sa vie. Il faut le faire maintenant et ne pas remettre à plus tard parce que ce sera alors trop tard. Pourquoi Jésus nous presse-t-il tellement à ne pas remettre à plus tard de prendre soin de son salut ? Pour une raison bien simple, mais qui est au cœur de notre foi. C’est que notre bonheur éternel commence aujourd’hui ici et maintenant dans l’amour, l’aide aux autres, le dévouement, la générosité, la patience, l’humilité, dans tout ce qui se vit quotidiennement et qui s’inscrit dans une relation vraie avec Dieu… Et ce salut est offert bien au-delà, comme l’a rappelé la 1ère lecture. A nous de l’annoncer et de le vivre en passant cette porte étroite qui débouche sur la vie.
En préparant cette homélie, j’ai lu une comparaison qui, me semble-t-il, le dit très bien. L’enfant dans le sein de sa mère avant sa naissance ne se dit pas : « Je vais attendre plus tard pour me former des yeux parce qu’ici il n’y a pas de lumière ou encore à quoi ça sert d’avoir des jambes, il n’y a pas de place pour courir ici. » Dans le sein de sa mère il développe les organes qui lui permettront de jouir pleinement de sa vie après sa naissance.
Il en est ainsi pour nous chrétiens. Nous devons développer ici-bas les organes spirituels qui nous permettrons de jouir pleinement de la vie avec Dieu après notre passage par la mort : mettre en oeuvre l’amour de Dieu et du prochain.
Il faut donc prendre au sérieux le temps présent, ne pas fuir nos responsabilités, car c’est maintenant que se joue notre éternité, notre vie avec et en Dieu
Si on continue à lire la suite de cet évangile, on remarque qu’une condition est mise pour être sauvés. Jésus nous prévient : Il ne te suffira pas d’affirmer « J’ai mangé et bu avec toi… On se connaissait bien ! » en d’autres mots : « je suis rentré dans l’église pour les enterrements ou les fêtes de famille ou pour visiter quand j’étais en vacances ». Non ça ne suffit pas…ll faut vivre sa foi, s’impliquer personnellement dans cette relation avec Dieu.
Vous le savez bien, on peut bien vivre à côté de quelqu’un pendant de nombreuses années sans s’intéresser vraiment à cette personne, à ses besoins, sans l’aimer, sans s’impliquer personnellement. Jésus nous dit que ce peut être la même chose avec Dieu. Et pourtant, s’impliquer personnellement, est-ce si difficile ? C’est à la portée de tous et toutes, dit Jésus, même de ceux et celles qui se sentent démunis, qui pensent en être bien incapables : « Des derniers seront premiers et des premiers seront derniers ». C’est le cœur qui compte. Pas autre chose ! Si nous réfléchissons bien, nous comprenons que ce qui est étroit, ce n’est pas la porte, c’est notre cœur. Mais l’appel du Seigneur est toujours bien présent : Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle !
En ce dimanche, nous nous tournons vers toi, Seigneur. Nous te redisons notre désir de vivre en toi et d’avancer avec toi. Seigneur Jésus, donne-nous le désir de t’ouvrir toute grande notre porte, car t’accueillir c’est accueillir le salut. Avec toi, tout est possible. Aide-nous à nous débarrasser de tout ce qui nous encombre et de tout ce qui retarde notre marche à ta suite. Que ta Parole réveille notre foi ! nous aide à la cohérence de nos paroles et de nos actes.
Alors nous pourrons marcher vers toi avec la multitude de ceux que tu appelles à la vie en Dieu. Amen !

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