7ème dimanche de Pâques

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Homélie prononcée le 21 mai 2023

Ce 7ème dimanche de Pâques nous prépare à la fête de Pentecôte qui sera célébrée dimanche prochain. Ce jour-là, les apôtres se mettront à proclamer avec force et courage les merveilles de Dieu. En attendant, ils sont réunis en un même lieu pour la prière. Le livre des Actes énumère chacun des onze apôtres (les douze moins Judas). Dès le début, ils ont été choisis par Jésus. Il les a formés et préparés à ce qui va être désormais leur mission.

Le Livre des Actes mentionne également la présence de quelques femmes. C’est vraiment exceptionnel dans le monde Juif. C’est une manière de dire qu’elles ont un rôle essentiel dans l’Église. Et il y a également Marie, la mère de Jésus et quelques membres de sa proche famille. Toutes ces personnes sont réunies pour participer fidèlement à la prière. Les uns et les autres se préparent à la manifestation de la gloire divine qu’ils découvriront quelques jours plus tard. C’est de cette merveille qu’ils auront à témoigner jusqu’aux extrémités de la terre.

Cela nous dit qu’il ne peut y avoir de mission sans prendre le temps de la prière. C’est par là qu’il faut commencer. C’est vrai aussi pour nous. Est-ce que nous prions ? Comment prions-nous ? Et si nous prions, ce n’est pas d’abord pour adresser des demandes à Dieu. Il sait de quoi nous avons besoin avant que nous lui demandions. Le plus important c’est de nous ajuster à son amour et de nous en imprégner. Nous ne serons des témoins rayonnants et lumineux que si nous accueillons la lumière qui vient de lui.

La deuxième lecture tirée de la première lettre attribuée à saint Pierre nous invite à entrer dans la participation vécue et intime au mystère de la Passion du Christ. « Communiez aux souffrances du Christ ». L’apôtre Pierre rappelle aux chrétiens la nécessité d’être vraiment reliés au Christ. Ils en ont bien besoin car ils sont affrontés à toutes sortes de persécutions. Mais Jésus avait prévenu : “le serviteur n’est pas au-dessus de son maître”. Jésus a connu la persécution, le rejet et la croix. Il en sera de même pour des générations de chrétiens. Nombreux, ceux et celles qui, aujourd’hui, vivent chaque jour avec la peur au ventre. Ils sont insultés à cause du nom du Christ. Ils souffrent, non pour des crimes réels : vols, meurtres etc., mais parce qu’ils sont identifiés comme « chrétiens ». A travers eux, c’est la famille des chrétiens, nous tous, qui sommes éprouvés.

Que faire alors, si ce n’est de regarder vers celui qui est venu comme un agneau souffrant pour le péché du monde et qui meurt sur une croix. La croix devient ainsi le symbole de ce nouveau peuple de Dieu que sont les disciples de Jésus, les « chrétiens ».

Une croix qui par la résurrection est signe de vie. Jésus est ressuscité et son Père le glorifie pour son obéissance et pour le don de sa vie. Ses disciples, les « chrétiens », témoignent d’une gloire à venir, d’une glorification dont ils ont reçu les prémices dans la résurrection de Jésus et dans leur baptême qui les unit à lui dans le passage de la mort à la vie. C’est pourquoi, ils peuvent se réjouir et être dans l’allégresse.
Cette glorification de Jésus est décrite avec une certaine emphase dans l’évangile de Jean qui situe ces réflexions avant la mort de Jésus. Ces réflexions décrivent une absence qui est loin d’être synonyme de vide et de noirceur.

L’absence physique va ouvrir à ce que Jésus décrit comme sa « gloire ». Un mot difficile qui peut nous interroger. Saint Jean décrit la « gloire du Fils » non comme un cadeau personnel ou une récompense pour une performance, mais comme une mission, une mission tournée vers les autres.

Au moment le plus dramatique de sa vie, Jésus veut partager à ses disciples sa joie d’avoir accompli sa mission. La bonne nouvelle a été annoncée aux pauvres. Les petits et les exclus ont été les premiers à l’accueillir. C’est pour toutes ces merveilles que Jésus rend grâce. En lisant cet Évangile, nous pouvons découvrir ce que doit être la prière. Trop souvent, elle n’est que plainte et requête. Mais, la plus belle expression de la prière c’est la louange et l’action de grâce. Nous sommes invités à suivre l’exemple de Jésus qui rendait grâce avant de demander.

Le Fils a tout reçu du Père. Il donnera la vie éternelle à tous ceux et celles qui l’accueilleront les faisant entrer dans la connaissance personnelle du seul et vrai Dieu et de son envoyé, Jésus-Christ.

Cette mission du Fils doit s’inscrire dans la vie des disciples de Jésus, des disciples appelés à être remplis de Lui et à en témoigner dans leur vie. Sans être retirés du monde, ils sont invités à témoigner d’une vie autre, d’un monde autre, que Jésus ailleurs appelle le Royaume de Dieu. Et c’est bien ce que nous aussi nous demandons chaque fois que nous récitons le Notre Père en disant « Que ton règne vienne. Que ta volonté soit faite ».

Dans cette prière que nous adressons au Père, rappelons-nous aussi de la place de Marie, la mère de Jésus. Elle était présente dans le groupe des apôtres. Elle l’est aussi dans l’Église d’aujourd’hui pour accompagner et soutenir notre prière. Comme autrefois, elle continue à nous renvoyer au Christ et à son Évangile ; elle ne cesse de nous redire : “faites tout ce qu’il vous dira.” Et ce que Jésus nous dit, c’est de nous remplir de la source d’eau vive qui est en Dieu.

Avec Marie et avec toute l’Église, nous nous tournons vers toi, Seigneur ; nous nous préparons à accueillir le don de ton Esprit. Fais que notre cœur soit disponible et accueillant pour que notre vie dise quelque chose de ton amour. Amen !

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