Douxième dimanche du Temps Ordinaire

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Homélie prononcée le 25 juin 2023

Dimanche dernier, Jean-Pierre Rottier, le diacre qui a donné l’homélie nous a parlé de ce temps liturgique dans lequel nous sommes entrés et qui se poursuivra jusqu’à la fin de l’année liturgique : le « Temps ordinaire ». Il a partagé avec nous que ce n’est pas une période où on peut s’endormir, même si les vacances d’été sont bientôt là. Je me souviens qu’il y a quelques années, une publicité pour le carburant disait : « chez nous l’ordinaire sort de l’ordinaire ». Cela doit aussi concerner toute notre vie chrétienne dans l’ordinaire de nos jours. Il ne s’agit pas d’accomplir des performances extraordinaires, mais d’accueillir le Christ chaque jour dans nos vies, d’être dans la confiance et l’espérance, de témoigner de « la joie de l’Évangile ». C’est notre mission à tous.
Mais tout cela ne va pas sans difficultés…Et ce n’est pas nouveau : la 1ère lecture nous fait entendre le prophète Jérémie. Il a été dénoncé et calomnié par la foule. Après avoir parlé au nom du Seigneur, il a subi la persécution. Mais sa lamentation se termine par une louange : « chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants ».
L’apôtre Paul a, lui aussi, connu la persécution. Sa prédication allait à contre-courant des idées de son temps. Aujourd’hui, il nous parle de l’humanité plongée dans le péché : « …par un seul homme, le péché est entré dans le monde ». Le péché, c’est quand on tourne le dos à Dieu, quand on organise sa vie en dehors de lui ; c’est quand notre vie est centrée sur nous-mêmes au lieu d’être centrée sur Dieu. Mais avec Jésus, par sa mort et sa résurrection, le péché ne peut avoir le dernier mot. Rappelons-nous cette parole de Paul : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé ». C’est la victoire de l’amour sur le péché. On a beaucoup parlé du péché originel…Trop peut-être… au détriment de l’amour de Dieu pour chacun.
Vous savez comme moi que l’Évangile de Matthieu a été écrit quelques dizaines d’années après la résurrection du Christ, tout comme les évangiles de Luc et Jean. Matthieu s’adresse à des chrétiens d’origine juive. Comme Jérémie et comme Paul, ils sont pourchassés, persécutés, mis à mort. Et ils ont peur…bien légitimement. Et nous savons qu’aujourd’hui c’est vrai dans de nombreux pays. Et sans aller jusqu’à craindre pour notre vie physique, nous pouvons éprouver toutes sortes d’ennuis à cause de notre foi. Mais nous ne sommes pas seuls, livrés à nous-mêmes, aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous dit : « Ne craignez pas… Soyez sans crainte. »
« Ne craignez pas dit Jésus de vous prononcer pour moi devant le monde, de témoigner de votre foi, de ce qui vous fait vivre, de ce qui est beau et grand pour vous. Dites-le, même si ce n’est pas entendu ». C’est cela « confesser Jésus-Christ ». « Celui qui se prononcera pour moi devant les hommes moi aussi je me prononcerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux ».
Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps, mais ils ne peuvent pas tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre le dynamisme et la confiance que donne la foi. Ne laissons pas le mal avoir le dernier mot. Ce ne sera possible que si nous mettons le Christ au centre de notre vie. Il nous faut l’annoncer et le rayonner autour de nous. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé dans le monde entier et qu’il soit vécu authentiquement. Le plus important n’est pas de « transmettre un savoir, des explications, des dogmes, des vérités reçues mais de prendre fait et cause pour Jésus » a écrit un théologien. Il s’agit de le donner à voir par ce que nous sommes, ce que nous vivons, ce que nous partageons.
L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi, mais c’est bien ce à quoi nous sommes invités. Et ne pensons pas que ce sera pas plus facile dans les années à venir…Ne rêvons pas !
La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que Dieu ne nous abandonne pas ; bien au contraire, il prend soin de chacun de nous. Chacun est important pour Lui. Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer. Par-delà la croix, se trouve la certitude de la résurrection, cette résurrection que nous célébrons aujourd’hui comme chaque dimanche.
Comme Jérémie, comme Paul et comme les apôtres et les disciples de Jésus, nous sommes envoyés. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Que cette messe nous rende plus forts, plus accueillants et plus heureux d’être disciples de Jésus. Que notre vie ordinaire sorte de l’ordinaire !

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