Homélie du 4ème dimanche de Carême

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Homélie prononcée le 20 mars 2023

Dans le long récit que l’Eglise nous propose pour ce 4ème dimanche de Carême, Jésus n’est présent qu’au début… et à la fin. Entre les deux, il est absent. Jésus sort du Temple, voit l’aveugle-né, lui met de la boue sur les yeux et l’envoie se laver à la piscine de Siloé. Puis le texte ne nous parle plus de Jésus jusqu’à ce qu’il rencontre à nouveau celui qui était aveugle-né, à la fin du récit. Et ce n’est qu’à ce moment-là que celui-ci, maintenant guéri de sa cécité, sera capable de dire : « Je crois, Seigneur ! »

Que se passe-t-il pour que l’aveugle évolue ainsi entre sa guérison et sa profession de foi, alors que Jésus est absent ? Eh bien, il fait plusieurs rencontres, en particulier avec ses voisins et avec les pharisiens. A travers les différents témoignages qu’il doit porter pendant que Jésus n’est plus là, sa foi grandit petit à petit. Aux voisins, il commence par confirmer son identité et ce que Jésus a fait pour lui. Ensuite, aux pharisiens il affirme que Jésus est un prophète. Puis, il va plus loin lors d’une deuxième rencontre avec eux ; il ose affirmer que Jésus vient de Dieu. Il est conscient que cette affirmation peut le faire exclure par les pharisiens… ce qui finit par arriver.

À force de devoir témoigner, et même dans l’adversité, la foi de l’aveugle se précise, se consolide. C’est lorsqu’il rencontre une deuxième fois Jésus, qu’il est capable d’affirmer fermement qu’il croit en Lui.

C’est en dialoguant avec Jésus que la foi de la samaritaine avait pu s’approfondir. Mais ici, c’est dans l’épreuve, dans la rencontre avec ses voisins incrédules, avec les pharisiens trop sûrs d’eux et de leurs connaissances, que la foi de l’aveugle s’affermit.
Être baptisé, être chrétien n’est pas un chemin toujours confortable.

Le miracle pour tout homme et toute femme est de rencontrer Jésus d’une manière ou d’une autre, et de devenir, grâce à lui, lucide sur ce qu’il y a d’important dans la vie. Mais remarquons-le bien : il ne s’agit pas de rencontrer l’homme-miracle qui donnerait la solution magique des problèmes. Il s’agit de rencontrer « l’envoyé de Dieu », et à travers lui Dieu lui-même, à partir duquel on va orienter ses actes et ses jugements. C’est de cette orientation de vie que sortent les vrais miracles, ceux qui transforment les rapports humains et qui produisent la paix de l’esprit.

Comme l’aveugle-né, Stéphane et Judith vous allez à la rencontre du Sauveur ; ce sauveur qui ouvre les yeux. Cet aveugle-né, il est aussi un peu l’image de tout baptisé qui reçoit la lumière de Dieu au jour de son baptême. Et pourtant, le baptisé, comme l’aveugle-né, est confronté à un double obstacle : d’une part Jésus n’est plus là, d’autre part, il se trouve face à un monde pas facile et, disons-le, souvent hostile.
Tout chrétien est appelé à témoigner de Jésus dont la présence n’est pas évidente. Et de plus, il doit le faire dans un univers souvent défavorable, y compris quelque fois sa propre famille. Mais, c’est comme cela que le témoignage du baptisé devient plus solide. C’est même dans l’adversité que la foi du chrétien se précise, se consolide, se déploie. Stéphane et Judith, vous en ferez l’expérience !

Face à un laïcisme militant, face à un monde qui malmène les chrétiens, nous sommes conduits à approfondir ce qui fait le cœur de notre foi, ce qu’on appelle le kérygme : Jésus Christ, fils de Dieu, est mort pour nos péchés et Il est ressuscité, et Il nous invite à le suivre.

Nous avons donc, une fois de plus, à nous interroger : est-ce bien la parole vivante de Dieu qui oriente nos vies et qui renouvelle les regards et les jugements que nous portons sur les événements, les êtres et les choses ?

Au cours de ce carême, nous sommes appelés à nous ré-ancrer en Jésus. Comme l’aveugle dont la vie a été bouleversée par sa rencontre avec Jésus et qui ose affirmer sa foi en Lui, osons témoigner avec spontanéité, avec conviction, mais humblement sans provocation ou prosélytisme !

Et ce monde, qui s’étourdissait de sa toute puissance technologique, qui pensait avoir une solution pour chaque problème, a aussi découvert sa fragilité. Il l’a découverte avec le Covid il y a 3 ans, il la découvre avec le changement climatique, avec les conséquences de la guerre en Ukraine…Et il va continuer à la découvrir. A nous de le pointer vers la lumière du Christ !

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