Une journée de Jésus

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Homélie prononcée le 5 février 2024

Quelle était une journée typique de Jésus ? Dans l’évangile de ce jour on peut penser que l’on en a une description. Une journée qui peut se résumer par « Présence, Prière et Parole »
Commençons par la présence. Une présence de Jésus à la vie ordinaire des gens. Ici, on le voit s’arrêter dans la famille de deux d’entre eux, Simon – dont le nom sera changé en Pierre - et André, son frère, les premiers qui l’ont suivi. Ils arrivent à l’improviste et la maîtresse de maison – la belle-mère de Simon-Pierre –n’est pas en forme. Elle est fiévreuse. Elle se désole certainement de ne pouvoir s‘occuper d’eux. Jésus est touché et il s’approche simplement, lui prend la main et la fait se lever. La fièvre la quitte. Aussitôt elle est remise sur pied.
Ce geste de Jésus n’est pas un geste isolé. Devant des gens démunis et/ou mal pris, il apporte son aide. Ici, il libère cette femme de sa fièvre. Il le fait dans le cadre d’une proximité et d’une chaleur familiales. Mais Il veut aussi être présent à la vie et aux préoccupations de ceux et celles qu’il fréquente. Les gens le comprennent bien et saint Marc nous dit qu’ils courent après lui. « La ville entière se pressait à sa porte ».
Cette guérison de la belle-mère de Simon-Pierre manifeste que Jésus ne vit pas sur un nuage. Il est là à côté de moi, présent dans ma vie de chaque jour et toujours prêt à me sortir de ce qui me fait mal, de mes difficultés si je veux bien l’accueillir comme l’a fait la belle-mère de Simon-Pierre.
La présence aux autres dans la durée ne peut se vivre si on reste replié sur soi-même. Elle suppose une ouverture. Cette ouverture où la trouver ? La réponse que nous donne Jésus est celle de la prière. Avant l’aube, il se rend dans un endroit désert pour prier. « Le lendemain, écrit Marc, Jésus se leva bien avant l’aube. Il sortit et se rendit dans un endroit désert, et là il priait ».
Quelle est la prière de Jésus ? L’évangile d’aujourd’hui ne nous en dit rien, mais nous savons par d’autres passages des évangiles que dans sa prière Jésus ne cessait de se tourner vers le Père : « Abba, Père ». Il nous a laissé l’essentiel de sa prière dans le Notre Père que nous récitons à chaque messe. Il l’a transmis de vive voix à ses apôtres comme nous le raconte l’évangile de Mathieu et aussi celui de Luc : « Vous donc, priez ainsi : Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Remets-nous nos dettes, comme nous-mêmes nous remettons leurs dettes à nos débiteurs. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. ».
On peut penser aussi que sa prière était aussi une prière d’abandon à la volonté de son Père. On le voit bien dans cette phrase qui nous est restée de sa prière au jardin des Oliviers avant qu’il soit livré par Judas : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne » (Luc 22, 42). C’est aussi la même prière d’abandon qu’il fera sur la croix : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46).
Les journées de Jésus ne se passaient pas sans ces moments de pause et de répit consacrés à la prière.
Nous aussi, ne pouvons-nous pas dans notre quotidien prendre le temps de la prière, réserver un moment, même court, dans notre journée pour entretenir cette relation. En plus, nous pourrions utiliser une partie du temps de nos déplacements dans les transports en commun pour prier une dizaine de chapelet ou lire sur notre smartphone un passage de l’Écriture et le méditer ? Au volant de notre voiture, pourquoi ne pas écouter une musique qui élève notre esprit et notre cœur ou répéter une invocation comme celle du pèlerin russe « Seigneur Jésus, Fils de Dieu Sauveur, aie pitié de moi pécheur » ou encore écouter une méditation biblique, comme celle proposée tous les matins par RCF ?
Présence, prière, et comme troisième élément des journées de Jésus, la parole. Jésus n’a-t-il pas consacré sa vie publique à la prédication ? Une prédication d’origine divine, authentifiée par toutes ces guérisons et expulsions de démons. A travers ces guérisons et ces démons expulsés, c’est la main de Dieu qui est à l’œuvre dans ces gestes, comme je le disais déjà dimanche dernier. Dans son évangile, Marc raconte la prédication de Jésus à partir de son baptême par Jean-Baptiste jusqu’à sa mort et sa résurrection. Ce n’est pas une une biographie. En s’appuyant sur le témoignage des apôtres qui ont connu Jésus et des membres des premières communautés chrétiennes, Marc veut nous aider à conserver l’essentiel du message de Jésus pour mieux le transmettre. Ces communautés dont il fait partie ont retenu qu’elles sont envoyées pour témoigner du message de Jésus, de sa parole : « Allons ailleurs dans les villages voisins, disait Jésus, afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti ».
Il est difficile pour nous aujourd’hui de comprendre l’impact de ce ministère de guérison de Jésus dont Marc a conservé plusieurs exemples et sur lequel il revient souvent pour marquer le rayonnement du message de Jésus. Si Marc le fait c’est pour montrer que la parole, la prédication de Jésus, est une œuvre de l’Esprit et que la Bonne nouvelle c’est Jésus lui-même.
« Présence, prière, parole » tel est le socle de la vie publique de Jésus qui nous est présentée dès ce premier chapitre de Marc. Ces trois temps : présence, prière, parole peuvent aussi être vécus par chacun et chacune d’entre nous aujourd’hui. Ils exprimeront notre identité chrétienne. Ils feront de nous de vrais disciples, des évangélisateurs et des évangélisatrices, des missionnaires de l’ordinaire. C’est saint Paul qui disait dans la deuxième lecture : « Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ». Nous ne sommes pas des saint Paul, mais nous pouvons témoigner de la Bonne Nouvelle qui nous fait vivre, de la présence du Christ ressuscité. Saint Paul y a consacré toute sa vie à la suite d’un appel particulier. Nous, nous pouvons le faire à notre façon en écoutant les appels que l’Esprit Saint met en nous et en essayant d’y répondre le mieux possible.
Nous sommes là ce matin parce que nous avons choisi de prendre ce temps gratuit pour nous arrêter, pour nous remémorer ce qui est au fondement de ce que nous vivons. Que cette célébration eucharistique dominicale nous soutienne dans notre mission d’annoncer l’Évangile, la Bonne Nouvelle, jusqu’aux extrémités de la terre. C’est bien ce à quoi nous sommes invités à la fin de chaque eucharistie. N’oublions pas que l’origine du mot « messe » vient du même mot latin que « mission » ! Allons témoigner du Christ par toute notre vie !

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